1. Les membres du G-24 expriment leurs condoléances face aux souffrances
humaines provoquées par les différentes crises qui frappent le monde. Nous
reconnaissons que ces crises mettent à rude épreuve les pouvoirs publics
ainsi que les organismes humanitaires confrontés à ces défis, et soutenons
fermement l’action menée par la communauté internationale en vue de
rétablir la paix, la stabilité et les moyens d’existence.
2. Des crises et des chocs multiples menacent la stabilité mondiale et
limitent les possibilités de procéder à un ajustement macroéconomique sans
heurts dans de nombreux pays. Le développement humain subit des revers
majeurs du fait de ces crises. La pauvreté grande et extrême augmente,
l’insécurité alimentaire s’aggrave, les pertes d’apprentissage sont
énormes, les migrations et les déplacements forcés atteignent des records
et les inégalités se creusent dans le monde entier, en particulier dans les
pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire. La COVID‑19 a gravement
restreint l’activité économique et continue de maintenir de nombreux pays
sur une trajectoire de faible croissance. La croissance mondiale demeure
inférieure à ce qu’elle était avant la pandémie, les risques de dégradation
des perspectives dominent fortement et en 2023, de nombreux pays émergents
et pays en développement (PEPD) devraient, selon les projections, connaître
une croissance inférieure à leur potentiel. Les conflits géopolitiques sont
un facteur majeur de l’inflation des prix des denrées alimentaires et des
combustibles; conjugués aux conditions météorologiques extrêmes, ils sont
une source d’insécurité alimentaire et énergétique dans certaines parties
du monde. Le Programme alimentaire mondial estime que le nombre de
personnes souffrant d’insécurité alimentaire va passer à 345 millions en
2023, plus de deux fois plus qu’en 2020. Alors que le marché pétrolier
reste bien approvisionné comme le maintiennent l’OPEP et certains pays dans
la Déclaration de coopération, les turbulences récentes sur les marchés
financiers créent une instabilité sur le marché à terme des combustibles,
ainsi qu’un risque d’inflation à court terme. Les tensions géopolitiques
menacent de compromettre les engagements internationaux pris par le passé,
y compris en matière de commerce et de changement climatique.
3. Les risques extérieurs s’intensifient avec l’augmentation des écarts de
rendement sur les obligations souveraines et des primes de risque. Ces
facteurs se doublent d’un endettement élevé, de déséquilibres des finances
publiques et du solde courant, et d’une forte inflation. Dans le même
temps, les possibilités de financement se restreignent alors que les
monnaies nationales se déprécient. La dynamique des flux de capitaux est
très incertaine dans les PEPD car au niveau mondial, le rythme des mesures
de resserrement monétaire est beaucoup plus rapide que prévu. Les faits
nouveaux survenus dans le secteur bancaire de certains pays avancés
suscitent des préoccupations quant aux risques d’instabilité financière
systémique et d’effets de contagion. Les pays dont l’économie est
d’importance systémique devraient rester vigilants face à l’inflation mais
aussi être attentifs aux arbitrages dans leurs choix stratégiques, et se
prémunir contre les retombées négatives de leurs politiques, tandis que les
PEPD touchés par le durcissement des conditions financières devraient
prendre des mesures visant à préserver et accroître leur résilience.
4. Devant la montée des risques, il faut apporter un soutien accru pour
augmenter les liquidités mondiales. Nous félicitons le Fonds monétaire
international (FMI) d’avoir amélioré les liquidités internationales à
l’aide du guichet « chocs alimentaires » et du
fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité (fonds fiduciaire
RD)
créés récemment, qui apportent des liquidités aux pays afin qu’ils
s’adaptent aux chocs. Nous appelons à élargir le fonds fiduciaire RD de
façon à ce qu’il ne se limite pas au changement climatique et à la
préparation aux pandémies mais couvre également d’autres sources de
vulnérabilité de la balance des paiements, et à réaliser rapidement une
revue du guichet « chocs alimentaires ». Si nous nous félicitons des
engagements à transférer des droits de tirage spéciaux (DTS) au fonds
fiduciaire RD, nous exhortons d’autres pays membres à s’associer aux
efforts visant à accroître la capacité de prêt du fonds fiduciaire RD.
5. Nous saluons également la décision du FMI de relever le plafond d’accès
cumulé des emprunts au titre du compte des ressources générales, qui
pourrait aider les pays qui subissent des contraintes de financement
accrues. Nous regrettons que les limites d’accès au compte du fonds
fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (fonds
fiduciaire RPC) n’aient pas été relevées, en partie du fait d’un déficit
important de ressources de bonification, et nous invitons les bailleurs de
fonds à contribuer à combler ce déficit de façon à ce que le coût
d’utilisation des DTS reste faible pour les pays en développement. Nous
appelons de nouveau les pays qui le souhaitent à prendre des engagements
supplémentaires de réaffecter leurs DTS afin de réaliser l’ambition
mondiale de mobiliser 100 milliards de dollars de contributions
volontaires. Ces contributions permettraient certes au FMI d’octroyer
davantage de prêts concessionnels, mais elles ne suffiraient pas à répondre
au besoin pressant de soutien financier. Il est donc urgent de trouver une
solution pour répondre aux besoins de liquidité mondiale. Nous encourageons
l’étude d’autres mécanismes viables de réaffectation volontaire des DTS,
notamment par l’intermédiaire de banques régionales de développement et de
banques multilatérales de développement, et à l’aide d’accords régionaux de
financement.
6. L’allocation de nouveaux DTS, ainsi que des réformes des instruments de
financement de précaution du FMI, pourraient accroître davantage la
liquidité mondiale et limiter les risques systémiques. En renforçant le
niveau des réserves, les autorités nationales pourraient élargir l’éventail
des options dont elles disposent pour venir à bout des difficultés
économiques et sociales persistantes. Une nouvelle allocation de DTS
atténuerait les crises de la balance des paiements et de la dette,
notamment en réduisant les coûts d’emprunt des pays. Toute nouvelle
allocation doit cependant s’accompagner d’un engagement des pays ayant une
quote-part importante à réaffecter davantage de nouveaux DTS en faveur des
pays qui en ont le plus besoin. Les instruments de financement de
précaution tels que la ligne de crédit modulable (LCM), la ligne de
précaution et de liquidité (LPL) ou la ligne de liquidité à court terme
(LLCT) sont un autre moyen pour les pays admissibles de faire face aux
risques extérieurs et de constituer des volants de liquidité. Ces facilités
étant particulièrement adaptées aux PEPD dont les cadres de politique
économique et les paramètres fondamentaux sont solides et qui sont en
situation de vulnérabilité, ces financements supplémentaires réduiront le
risque que les chocs se transforment en crises plus profondes et aient des
retombées systémiques négatives. C’est pourquoi nous préconisons de
renforcer la gamme des mécanismes de précaution, notamment en relevant la
limite d’accès à la LLCT. Nous attendons avec intérêt l’examen de ces
instruments par le FMI.
7. Nous nous félicitons de ce que le conseil d’administration du FMI a
récemment examiné les règles relatives aux commissions additionnelles et
prenons note du fait qu’un examen formel n’a pas été lancé. Ces règles
ayant un caractère régressif et procyclique, nous demandons de nouveau leur
examen complet afin de compenser partiellement l’augmentation considérable
de la charge des financements pour les pays membres tout en permettant
d’accumuler les réserves de précaution obligatoires à moyen terme. Cet
examen doit envisager une suspension des commissions additionnelles afin
d’aider les pays soumis à de fortes contraintes de balance des paiements,
ainsi qu’une réduction sensible permanente des commissions additionnelles
ou leur élimination. Nous soulignons qu’à moyen terme, le FMI devrait
revoir son mode de financement en vue de le rendre moins dépendant des
revenus tirés des prêts.
8. La stabilité financière mondiale passe par un FMI disposant de
ressources suffisantes, fondé sur un système de quotes-parts, au centre du
dispositif mondial de sécurité financière et capable de jouer le rôle de
prêteur international de dernier ressort. Nous appelons à l’achèvement en
temps voulu de la 16e révision générale des quotes-parts, et
nous encourageons vivement les parties à parvenir cette année à un accord
sur une augmentation significative des quotes-parts et un réalignement des
quotes-parts relatives. L’objectif fondamental de la réforme des
quotes-parts et de la gouvernance doit être d’accroître la participation et
la représentation des PEPD tout en protégeant la part des pays les moins
avancés et en consolidant les finances du FMI. Cette révision devrait donc
tenir compte du poids croissant de certains PEPD dans l’économie mondiale,
mais sans se faire au détriment d’autres PEPD. En outre, elle doit fournir
suffisamment de ressources pour permettre au FMI de s’acquitter de son
mandat alors que les quotes-parts constituent sa principale source de
financement, tout en mobilisant les ressources empruntées qui ont bien
fonctionné et demeurent un moyen plus efficient de couvrir les risques
extrêmes à l’avenir. Nous réitérons nos appels à attribuer un troisième
siège à l’Afrique subsaharienne au conseil d’administration du FMI afin
d’améliorer la représentation de la région, sans que cela porte préjudice
au siège d’autres PEPD et pays les moins avancés. Nous avons également
appelé au renforcement des effectifs à la disposition des administrateurs
élus par de nombreux pays membres, et dont la charge de travail est
particulièrement lourde.
9. Nous saluons la poursuite des discussions sur la feuille de route pour l’évolution du Groupe de la Banque mondiale.
Nous réaffirmons le rôle central du double objectif de mettre fin à
l’extrême pauvreté et promouvoir la prospérité commune en aidant les pays
en développement à atteindre les objectifs de développement durable (ODD).
Nous souhaitons vivement que le Groupe de la Banque mondiale soit plus
efficient et inclusif, et capable de répondre aux besoins de tous les pays
clients. Nous prions instamment le Groupe de donner une définition claire
des défis que pose le développement sur le plan mondial et des critères de
sélection conformes au mandat du Groupe et à son avantage comparatif, et
qui aille dans le sens des ODD. Nous exhortons le Groupe de la Banque
mondiale à intensifier son soutien non seulement dans les domaines des
changements climatiques, des conflits et de la fragilité, et de la
prévention et la préparation aux pandémies, mais aussi dans ceux de l’accès
à l’eau, à la nourriture et à l’énergie à un prix abordable, du
développement du capital humain, du développement numérique et de la
viabilité de la dette. Nous reconnaissons qu’une vision et une mission
nouvelles pourraient créer des risques d’arbitrages dans les
investissements et les politiques publiques, mais ces arbitrages ne doivent
pas se faire aux dépens du financement du développement.
10. Nous saluons les propositions visant à améliorer le modèle opérationnel
de la Banque mondiale. Nous sommes d’avis que l’intégration des dimensions
mondiales et régionales dans les engagements nationaux doit maintenir la
centralité du modèle basé sur les pays et préserver le principe
d’appropriation par les pays, qui sont au cœur du modèle opérationnel du
Groupe. Nous recommandons une coopération étroite avec d’autres
organisations multilatérales, notamment les Nations Unies par
l’intermédiaire du Fonds vert pour le climat et d’autres banques de
développement multilatérales et régionales, afin de tirer parti des
avantages comparatifs de chacun. Nous soulignons que le Groupe de la Banque
mondiale doit être guidé par la recherche de complémentarité et de
synergie.
11. L’ampleur de la nouvelle ambition et le coût toujours élevé que demande
la résolution de multiples défis soulignent la nécessité d’augmenter
considérablement la capacité de financement du Groupe de la Banque
mondiale. Nous réaffirmons que cela doit être fait tout en préservant la
viabilité financière de la Banque, ses notations AAA et son statut de
créancier privilégié. Les prix actuels des prêts devraient être maintenus
pour éviter d’alourdir le fardeau des coûts d’emprunt. Le Groupe de la
Banque mondiale devrait optimiser ses bilans, tirer davantage parti des
capitaux existants, dont ceux des fonds d’intermédiation financière, et
réduire les coûts de transaction relatifs aux fonds fiduciaires tout
renforçant leur efficience. La mobilisation des ressources existantes ne
doit pas nécessairement empêcher l’augmentation du capital à moyen terme,
qui reste le mécanisme le plus efficace pour augmenter la capacité de
financement avec un minimum de risques. Nous exhortons les banques
multilatérales de développement à redoubler d’efforts pour examiner et
mettre en œuvre les recommandations du groupe d’experts indépendants
organisé par le G20 relatif aux cadres d’adéquation des fonds propres, et
nous encourageons à renforcer la communication avec les agences de notation
afin de les aider à réviser leurs méthodes de façon à mieux prendre en
compte les particularités des banques multilatérales de développement.
12. Pour permettre une véritable évolution, il est nécessaire que le Groupe
de la Banque mondiale dispose d’une capacité financière supplémentaire afin
qu’elle n’obtienne pas un mandat renforcé sans les fonds pour le mener à
bien. Nous nous félicitons des initiatives visant à mobiliser des
financements privés et invitons fermement à redoubler d’efforts dans des
domaines tels que la mobilisation de capitaux privés. L’amélioration du
financement de la BIRD pour soutenir les pays à revenu intermédiaire ne
doit pas se faire au détriment de la viabilité financière à long terme de
l’Association internationale de développement (IDA), ni des reconstitutions
à venir de ses ressources, ni des allocations aux pays. En outre,
l’élargissement du financement concessionnel et des volumes de prêts aux
pays à revenu intermédiaire ne doit nuire ni aux portefeuilles actuels ni
aux conditions financières des pays bénéficaires des ressources de la BIRD
et de l’IDA. Par ailleurs, les subventions croisées doivent être évitées.
13. Le multilatéralisme ne peut émerger que s’il existe un vaste processus
de consultation entre pays développés et pays en développement, le système
des Nations Unies dans son ensemble et les institutions de Bretton Woods
pour établir une structure de gouvernance plus équilibrée. Nous attendons
qu’une feuille de route ambitieuse, concrète et équilibrée guide
l’évolution du Groupe de la Banque mondiale à l’approche des Assemblées
annuelles qui se tiendront à Marrakech, et nous insistons sur la nécessité
d’écouter les voix de toutes les parties prenantes, en particulier celles
des pays en développement, et d’élaborer des mesures tout au long des
débats.
14. Des actions immédiates et coordonnées à l’échelle mondiale sont
nécessaires pour aider les PEPD à gérer l’aggravation des vulnérabilités
liées à la dette, et ce afin d’éviter une crise de la dette qui ralentirait
la réalisation d’une croissance durable et inclusive. La mise en œuvre du
Cadre commun du G20 doit être renforcée pour assurer une restructuration de
la dette opportune, ordonnée et coordonnée qui serait bénéfique aux pays
grâce à un partage équitable de la charge, une participation accrue des
créanciers privés et un traitement comparable par les créanciers privés et
les créanciers bilatéraux officiels. Il importe de renforcer la
coordination multilatérale des créanciers officiels, bilatéraux et privés
pour faire face à la dégradation de la situation d’endettement et aider à
coordonner le traitement de la dette des pays à faible revenu ou à revenu
intermédiaire surendettés. Nous encouragons les débiteurs et les créanciers
à se mobiliser autour de la table ronde mondiale sur la dette souveraine
afin de favoriser une vision commune de toutes les questions liées à la
dette et appelons à accélérer la mise en œuvre du Cadre commun. La
coordination avec les créanciers est importante pour permettre des
restructurations préventives et ordonnées en cas de surendettement. Nous
attirons l’attention sur le fait que de nombreux pays qui présentent des
vulnérabilités liées à la dette ont d’importants créanciers sur leur
territoire et que les mécanismes de résolution de la dette, s’ils ne sont
pas correctement conçus, pourraient créer une instabilité sur ces marchés
financiers nationaux. Nous appelons la Banque mondiale et le FMI à se tenir
prêts à soutenir le secteur financier de ces pays en cas de
restructuration, en particulier pour garantir que leurs banques disposent
d’un niveau de liquidité adéquat.
15. La lutte contre le changement climatique et ses effets doit
s’accélérer. Les mesures et les financements en ce sens doivent se
conformer aux principes des responsabilités communes mais différenciées et
des capacités respectives des pays. Nous appelons donc les pays avancés à
honorer leurs engagements au titre de la Convention-cadre des Nations Unies
sur les changements climatiques (CCNUCC), y compris l’objectif pris en 2019
de mobiliser 100 milliards de dollars par an, et à fournir des ressources
financières nouvelles et supplémentaires pour soutenir les pays en
développement. Le financement effectif de l’action climatique par la
communauté internationale est un moyen essentiel et équitable d’aider les
pays en développement à mettre en œuvre leurs contributions déterminées au
niveau national dans l’optique de la réalisation des objectifs climatiques,
conformément à l’Accord de Paris. Nous saluons les résultats de la COP27,
en particulier l’engagement historique, inscrit dans le plan de mise en
œuvre de Charm el-Cheikh, sur les modalités de financement pour répondre
aux pertes et préjudices associés aux effets néfastes du changement
climatique et attendons avec intérêt des engagements forts lors de la
COP28. Nous exhortons le FMI, le Groupe de la Banque mondiale et les autres
banques multilatérales de développement à accroître leur soutien aux
efforts d’atténuation, d’adaptation et de résilience des pays en
développement, conformément à leurs mandats respectifs et en coordination
avec les institutions de la CCNUCC. Cela pourrait se faire par la
fourniture de financements adéquats, le transfert de technologies et le
renforcement des capacités. L’accès à une énergie abordable reste la clé de
voûte de la croissance économique et du développement, et nécessite de
mettre davantage l’accent sur le financement de l’action climatique et de
l’intensifier pour soutenir les activités relatives aux pertes et
préjudices, favoriser l’adaptation et procéder à des transitions
équitables. Le Groupe de la Banque mondiale et le FMI ont un rôle à jouer,
celui de catalyseur pour attirer des financements privés et ainsi
développer et soutenir les investissements publics verts efficaces.
16. La réforme de la fiscalité internationale est importante pour fournir
les ressources qui permettront d’investir dans la reprise économique,
l’action climatique et les objectifs de développement durable. Nous
appelons donc à la création d’une architecture fiscale internationale plus
efficace, inclusive, durable et équitable, à l’intensification de la
coopération fiscale internationale, au combat contre les flux financiers
illicites, ainsi qu’à la lutte contre l’évasion et la fraude fiscales
agressives en mettant davantage l’accent sur le renforcement des capacités
pour soutenir la prochaine vague de réformes fiscales internationales. La
mise en place d’un impôt minimal mondial et la taxation de l’économie
numérique sont des principes de réforme bienvenus en vertu de l’accord
fiscal international convenu au titre du cadre inclusif du G20 et de l’OCDE
sur l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices (BEPS).
Nous réitérons nos appels à résoudre les problèmes restants par une
solution qui soit simple à mettre en œuvre et qui génère de nouvelles
recettes fiscales substantielles pour les pays émergents et pays en
développement. Nous saluons la résolution de l’Assemblée générale des
Nations Unies sur l’ initiative de réforme fiscale inclusive et efficace. Nous espérons
qu’elle ouvrira la porte à des négociations sur un accord de coopération
internationale en matière fiscale par le biais de négociations
intergouvernementales inclusives à l’ONU, qui pourraient traiter des
questions urgentes qui, jusqu’à présent, n’apparaissaient pas dans les
programmes de travail de l’OCDE. Nous soutenons les efforts continus du
Groupe de travail du G-24 sur la fiscalité pour promouvoir le dialogue et
la coopération entre pairs sur les grands enjeux fiscaux et renforcer
l’action internationale de sensibilisation là où cela est nécessaire.
17. Dans un contexte économique incertain, la montée du protectionnisme
commercial et la lenteur des réformes du système commercial mondial sont
des préoccupations majeures. Le commerce mondial joue un rôle important
dans la croissance durable et inclusive et la réduction de la pauvreté,
mais de nombreux pays émergents et pays en développement sont affectés par
une répartition inégale des avantages tirés du commerce, des difficultés
d’accès aux marchés et des pratiques commerciales déloyales, en particulier
dans le secteur agricole, qui est souvent la principale source de revenus
des populations pauvres. Certaines des mesures récemment mises en œuvre et
visant à relancer la production nationale ou à atteindre les objectifs de
zéro émission nette sont susceptibles d’augmenter les coûts relatifs de
certains biens marchands, ce qui ébranle le principe des avantages
comparatifs, fausse les décisions en matière de commerce et
d’investissement et affecte davantage les pays en développement. Nous
appelons le FMI et le Groupe de la Banque mondiale à analyser les coûts et
les avantages du libre-échange et de la mondialisation, notamment en
prenant en compte les menaces qui pèsent sur la sécurité économique en cas
de crise, telles que lors de la pandémie, quand les risques de
concentration et les risques de perturbation des chaînes
d’approvisionnement ont bouleversé les marchés mondiaux. Nous prions
l’Organisation mondiale du commerce de soutenir l’établissement d’un
système commercial multilatéral solide, afin qu’un accord sur les principes
de base, notamment sur les services et les barrières non tarifaires, puisse
être conclu au niveau multilatéral. À cet égard, nous nous félicitons de
l’examen du rôle des échanges commerciaux réalisé par le FMI, afin de
contribuer à guider les conseils sur l’augmentation de la résilience de la
chaîne d’approvisionnement tout en évitant les mesures protectionnistes
génératrices d’effets de distorsion. Nous demandons instamment que les
mesures prises pour lutter contre le changement climatique ne deviennent ni
un moyen de discrimination arbitraire ou injustifiée, ni des restrictions
déguisées au commerce international.
18. Compte tenu des perspectives mondiales très incertaines, nous appelons
à renforcer et poursuivre la collaboration entre le FMI, le Groupe de la
Banque mondiale et les grands partenariats régionaux pour mieux servir les
pays membres. Des efforts de coordination supplémentaires sont nécessaires
tant au niveau des pays qu’au niveau des institutions, comme cela a été
souligné dans différents rapports remis par les organismes d’évaluation
indépendants mandatés par les deux institutions.
19. Nous remercions David Malpass, président du Groupe de la Banque
mondiale, d’avoir dirigé l’institution pendant une période très difficile
pour la coopération multilatérale. Nous lui souhaitons beaucoup de succès
dans ses projets futurs et appelons de nos vœux une transition tout en
douceur.
LISTE DES PARTICIPANTS
[1]
Les ministres du Groupe intergouvernemental des Vingt-Quatre pour les
questions monétaires internationales et le développement ont tenu leur
cent-neuvième réunion à Washington, le 11 avril 2023, sous la présidence de M. Adama Coulibaly, ministre de l’Économie
et des Finances de la Côte d’Ivoire, assisté de M. Benjamin Diokno,
secrétaire aux Finances des Philippines, en qualité de premier
vice‑président et de Mme Candelaria Alvarez Moroni,
sous-secrétaire à la coordination et à la gestion internationales du
Secrétariat des affaires économiques et financières internationales du
ministère de l’Économie d’Argentine, en qualité de deuxième
vice‑présidente.
La réunion des ministres a été précédée le 10 avril 2023 par la cent vingt
et unième réunion des suppléants du Groupe des Vingt-Quatre, sous la
présidence de M. Chalouho Coulibaly, directeur national de la BCEAO pour la
Côte d’Ivoire.
Groupe africain
: Ismail Momoniat, Afrique du Sud; Abdelhak Bedjaoui, Algérie; Malangu
Kabedi Mbuyi, République démocratique du Congo; Adama Coulibaly, Côte
d’Ivoire; Rania Al-Mashat, Égypte; Mamo Mihretu, Éthiopie; Francis Lendjoungou, Gabon; Kenneth Ofori‑Atta, Ghana;
Njuguna Ndungu, Kenya; Mohammed El Qorchi, Maroc; Zainab Ahmed, Nigéria.
Groupe asiatique
: Parameswaran Iyer, Inde; Saadé Chami, Liban; Jameel Ahmad, Pakistan;
Benjamin Diokno, Philippines; Bahador Bijani, République islamique d’Iran;
Shehan Semasinghe, Sri Lanka; Roman Marshavin, Syrie.
Groupe latino-américain
: Candelaria Alvarez Moroni, Argentine; Tatiana Rosito, Brésil; Jose
Antonio Ocampo Gavira, Colombie; Bernardo Acosta, Équateur; Jose Alfredo
Blanco, Guatemala; Jean Baden Dubois, Haïti; Alejandro Gonzalez, Mexique; Julio Velarde,
Pérou; Brian Manning, Trinité-et-Tobago.
Observateurs
: Vera Daves de Sousa, Angola; Aseel Turki Alaqla, Arabie Saoudite;
Zhengxin Zhang, Chine; Richard Kozul‑Wright, CNUCED; Ebrahim Al Zaabi,
Émirats arabes unis; Pedro Luis Pedroso Cuesta, G77; Massimiliano La Marca,
OIT; Ayed Shaya S. Al‑Qahtani, OPEP; Yuefen Li, South Centre; Navid Hanif,
UNDESA; Raquel Artecona, UNECLAC.
Invités
: Kristalina Georgieva, Directrice générale du Fonds monétaire
international
David Malpass, Président de la Banque mondiale.
Secrétariat du G-24
: Iyabo Masha, Angela Hanna, Rita Kyomukama, Angelica Huerta Ojeda.
Secrétariat du FMI pour le G-24
: Andrea Arevalo Arroyo, Najla Nakhle, Aric Maiden.
[1]
Personnes assises à la table de discussion.