Une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par
Jaroslaw Wieczorek, a séjourné à Banjul du 3 au 9 mai 2018. Elle a évalué
la mise en œuvre du programme de référence de la Gambie
[1]
avec le FMI pour la période allant de fin septembre 2017 à fin mars 2018.
Les entretiens ont porté sur les engagements pris en matière de politique
économique et financière pour le reste du programme, qui a été prolongé
jusqu’à fin septembre 2018 afin que les réformes prévues dans le programme
puissent être achevées.
À la fin de la visite, M. Wieczorek a publié la déclaration ci-après :
« Après plus de 20 années de régime autocratique, la Gambie reste un pays
fragile affichant des déficits considérables sur le plan du développement
et des infrastructures. Elle se situait au 173e rang sur 187
pays dans l’indice de développement humain 2016 du PNUD, et la pauvreté,
qui atteint 48,6 %, reste généralisée et relativement stagnante.
« La reprise économique s’affermit en Gambie. La croissance a rebondi à 3,5
% en 2017, contre seulement 2,2 % un an plus tôt, grâce à une meilleure
campagne agricole et à un redressement du tourisme, du commerce et des
transports. L’inflation globale est tombée d’un pic de 8,8 % en janvier
2017 à 6,5 % en mars 2018, du fait de la stabilisation de la monnaie et
d’un rebond de l’offre alimentaire. Une aide financière extérieure
considérable a dopé les réserves internationales et a permis à l’État de
réduire son recours aux emprunts intérieurs, ce qui a entraîné une forte
baisse des rendements des bons du Trésor.
« En 2018, la croissance du PIB devrait passer à 5-5 ½ %, l’inflation
devrait tomber à environ 5 ¼ %, soit un niveau proche de l’objectif de 5 %
fixé par la Banque centrale de Gambie, et les réserves internationales
devraient augmenter pour atteindre 3,4 mois d’importations de biens et
services de l’an prochain.
« Les résultats obtenus jusqu’à présent dans le cadre du programme de
référence sont globalement satisfaisants, tous les objectifs quantitatifs à
fin décembre 2017 et à fin mars 2018 ayant été atteints, bien que des
retards aient été observés dans la mise en œuvre des réformes
structurelles. L’équipe des services du FMI est parvenue à un accord
concernant le calendrier d’achèvement des réformes prévues dans le
programme et les mesures budgétaires qui doivent être prises pour que
l’exécution du budget cadre avec le programme de référence.
« L’encours de la dette de la Gambie a encore augmenté pour avoisiner 130 %
du PIB fin 2017 (dont plus de la moitié est due à des créanciers
extérieurs), principalement en raison de problèmes hérités du passé, y
compris des décaissements plus rapides de prêts contractés précédemment et
la comptabilisation d’arriérés extérieurs du gouvernement précédent, ainsi
que la prise en charge par l’État des passifs des entreprises publiques.
Pour maintenir la viabilité de la dette, il sera nécessaire de s’abstenir
de contracter de nouvelles dettes publiques ou des passifs conditionnels
avant de dégager une marge budgétaire et d’emprunt supplémentaire, ainsi
que de mobiliser davantage d’investissements privés. En outre, il est
nécessaire de renforcer la discipline budgétaire et d’accroître les
recettes intérieures afin de réduire la vulnérabilité liée à l’endettement.
« Il reste essentiel de réformer les entreprises publiques. Il est
nécessaire d’en renforcer la surveillance financière, notamment en
effectuant des audits pluriannuels spéciaux et en imposant le respect des
délais de transmission des données mensuelles, trimestrielles et annuelles.
« La Banque centrale de Gambie devrait maintenir sa politique de change
flexible et prendre des mesures concrètes pour renforcer le cadre de
politique monétaire afin de garantir la stabilité des prix. La mise en
place d’un corridor pour le taux directeur aidera à s’assurer que les
conditions monétaires cadrent avec l’objectif d’un maintien de l’inflation
à 5 % au plus.
« L’équipe des services du FMI a rencontré le ministre des Finances, M.
Sanneh, le gouverneur de la banque centrale, M. Jammeh, d’autres hauts
fonctionnaires et dirigeants d’entreprises publiques, ainsi que des
représentants du secteur privé, des banques, de la société civile et des
partenaires au développement (y compris des administrateurs de la Banque
mondiale en visite).
« L’équipe des services du FMI remercie les autorités de leur ouverture et
de leur excellente coopération, ainsi que des entretiens fructueux, et se
réjouit de continuer de coopérer étroitement avec elles pendant la période
à venir. »
[1]
Un programme de référence est un accord informel entre les
autorités d’un pays et les services du FMI, en vertu duquel ces
derniers conviennent de suivre l'exécution du programme économique
des autorités. Il n'implique pas d'aide financière, ni
d'approbation par le conseil d'administration du FMI.