L'économie sénégalaise continue de faire face à des vents contraires
alors qu'elle se remet de la pandémie de COVID-19. Le pays est
confronté à de multiples chocs, notamment : (i) l'arrêt de l'accord
d'exportation de céréales entre la Russie et l'Ukraine ; (ii)
l'imposition récente de restrictions sur les exportations de riz par
l'Inde ; (iii) l'appréciation du dollar américain ; (iv) des
resserrements des conditions financières régionales et mondiales ; et
(v) l'instabilité dans certains pays voisins.
La performance dans le cadre du programme FEC/MEC/FRD a été
satisfaisante. Tous les critères de réalisations quantitatifs et les
cibles indicatives, à l'exception d'une seul pour la fin juin 2023 dans
le cadre du programme FEC/MEC, ont été atteints. Quatre des six repères
structurels pour la première revue du programme FEC/MEC ont été mis en
œuvre, tandis que les deux autres l'ont été avec un léger retard. Les
autorités ont fait également progresser les réformes visant à améliorer
la gouvernance des fonds publics, à accroître la transparence et à
renforcer leur cadre de lutte contre la corruption. La mise en œuvre
des réformes dans le cadre du programme FRD progresse comme prévu,
soutenant les efforts du Sénégal pour renforcer la résilience au
changement climatique.
La loi de finances 2024 approuvée par l'Assemblée nationale est en
ligne avec l'objectif de déficit budgétaire convenu de 3,9 % du PIB,
qui sous-tend les engagements politiques visant à soutenir
l'assainissement budgétaire et la viabilité de la dette. La loi de
finances 2024 s’inscrit dans la logique d’une augmentation constante des
recettes fiscales pour atteindre 20 % du PIB d'ici 2025, et d’une
élimination progressive des subventions énergétiques non ciblées, avec
l'engagement de les limiter à 1 % du PIB en 2024.
Les perspectives de croissance à moyen terme semblent plus favorables
avec la production de pétrole et de gaz qui devrait commencer mi-2024
et à condition que des politiques appropriées soient mises en œuvre.
Toutefois, ces perspectives restent incertaines et les risques sont
orientés à la baisse. Il s'agit notamment de la possibilité d'une guerre
prolongée en Ukraine, d'une exacerbation du conflit au Moyen-Orient,
d'une hausse des prix des matières premières et d'un resserrement des
conditions financières. Une plus grande instabilité politique et une
polarisation politique accrue à l'approche de l'élection présidentielle
pourraient peser davantage sur l'économie. Le Sénégal reste vulnérable
aux effets du changement climatique.
A l'issue de la discussion du Conseil d'administration, M. Kenji
Okamura. Directeur Général Adjoint et Directeur par intérim, a fait la
déclaration suivante :
« Malgré les multiples chocs auxquels il a été confronté, le Sénégal a
obtenu des résultats satisfaisants dans le cadre des accords FEC/MEC et
FRD. Toutefois, la matérialisation de certains risques initialement
identifiés au cours de la demande de programme a entraîné une révision
à la baisse de la croissance économique et à la hausse de l'inflation à
court terme.
« La maîtrise de la vulnérabilité croissante de la dette et
l'établissement d'une trajectoire descendante pour la dette publique
dépendent de la mise en œuvre réussie d'une stratégie d'assainissement
budgétaire visant un déficit budgétaire de 3 % du PIB d'ici à 2025. Il
est essentiel d'accélérer la stratégie de recettes à moyen terme pour
renforcer la mobilisation des recettes, notamment par la réduction des
dépenses fiscales et l'élargissement de l'assiette fiscale.
« En ce qui concerne les dépenses, la priorité est à l'élimination
progressive des subventions énergétiques non ciblées, accompagnée de
mesures pour reprioriser les dépenses et protéger les plus vulnérables.
Le renforcement du cadre institutionnel pour la fixation des prix de
l'énergie est également crucial. Une gestion prudente de la dette
publique et la limitation de la capacité d'emprunt des entreprises
publiques, au-delà de l'administration centrale, sont essentielles pour
atténuer les risques qui pèsent sur la viabilité de la dette
« Des progrès significatifs ont été réalisés dans la mise en œuvre des
réformes structurelles. Il est impératif de maintenir la dynamique de
ces réformes, qui englobent le renforcement de la gouvernance,
l'amélioration de la transparence, l'amélioration de l'environnement
des affaires et la correction des faiblesses du secteur financier, afin
de favoriser une croissance plus inclusive tirée par le secteur privé.
Il convient d'accorder une attention urgente à la correction des lacunes
du cadre de blanchissement des capitaux et de financement du terrorisme
afin de minimiser les risques pour le secteur financier et de faciliter
la sortie de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI).
« Les résultats obtenus dans le cadre de l'accord FRD ont été
satisfaisants. Les autorités sénégalaises devraient maintenir le rythme
des réformes et continuer à renforcer les politiques d'atténuation et
d'adaptation au changement climatique, ce qui est essentiel pour
catalyser de nouveaux investissements de la part des bailleurs de fonds
et du secteur privé. »