Les services du FMI achèvent leur mission de consultation de 2022 au titre de l’article IV à la République du Burundi
IMF News, March 17, 2022
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- Published: March 17, 2022
Contexte et déroulement de la mission
- Communiqué de presse N° 22/78, le 17 mars 2022.
- Mission virtuelle menée du 24 février au 16 mars 2022.
- Cheffe de mission : Madame Mame Astou Diouf.
- Contacts médias mentionnés : ATTACHÉ DE PRESSE: Eva Graf; TÉLÉPHONE:+1 202 623-7100; COURRIEL: MEDIA@IMF.org.
- Rencontres : S.E. Dr. Domitien Ndihokubwayo (Ministre des Finances, du Budget et de la Planification économique), M. Jean Ciza (Gouverneur de la BRB), M. Audace Niyonzima (Premier Vice-Gouverneur de la BRB), Mme Christine Niragira (Secrétaire Permanente du MFBPE), autres officiels, représentants des banques commerciales, d’ONG et des bailleurs de fonds.
Principales constatations macroéconomiques
- Croissance et activité
- Le PIB réel a rebondi de 2.4 pour cent en 2021.
- Croissance projetée à 3.6 pour cent en 2022.
- Secteurs primaire et tertiaire : reprise en 2021 liée à l’assouplissement des mesures de distanciation et des restrictions de voyage.
- Secteur secondaire : croissance plus faible en 2021 comparée à 2020 en raison du ralentissement des activités minières lié à des renégociations d’agréments d’exploitation.
- Perspectives à moyen terme : accélération de la croissance à mesure que les effets de la pandémie s’estomperont et que les projets d’investissements et réformes porteront leurs fruits.
- Inflation
- Inflation à 8,3 pour cent en 2021 (contre 7,5 pour cent en 2020).
- Inflation attendue à 9.2 pour cent en 2022, en raison de la hausse des prix des matières premières comme le pétrole liée à la crise en Europe.
- Facteurs atténuants possibles : meilleure production agricole que prévue, mesures de régulation des prix des produits stratégiques, initiatives de substitution aux importations.
- Finances publiques et dette
- Déficit budgétaire projeté à 4.6 pour cent en 2021/22 (contre 7.9 pour cent en 2020/21).
- Consolidation budgétaire attribuée à l’amélioration du recouvrement des recettes, une hausse des dons (y inclus dons de vaccins contre la COVID-19) et une baisse des dépenses courantes.
- Investissements publics : reprise attendue après le ralentissement causé par la pandémie.
- Projection : le déficit budgétaire devrait se creuser en 2022/23 en raison d’une augmentation plus poussée des investissements publics, compensant le rebondissement attendu des recettes et des dons.
- Défis : financer dépenses prioritaires de protection sociale, de relance économique et de lutte contre la COVID-19 tout en soutenant la viabilité de la dette publique et extérieure.
- Balance des paiements et réserves
- Le déficit du compte courant s’est creusé en 2021 en raison d’une baisse des exportations (café et produits miniers) et d’une hausse des importations pour biens intermédiaires et lutte contre la COVID-19.
- Les réserves internationales sont passées à fin décembre 2021 à 2.1 mois d’importations prospectives.
- Malgré une hausse des exportations d’or, le déficit du compte des transactions courantes devrait se creuser davantage en 2022 à cause de la hausse des prix des matières premières, notamment ceux du pétrole.
- Appuis financiers extérieurs cités : décaissement de la Facilité de Crédit Rapide (FCR) et l’allocation générale de Droits de Tirages Spéciaux (DTS) adoptée en août 2021 par le FMI.
- Secteur financier et crédit
- La Banque de la République du Burundi (BRB) a adopté depuis 2019 des mesures de soutien au secteur bancaire, incluant un apport accru de liquidité et des ressources à maturité longue.
- Croissance du crédit au secteur privé dynamique en 2021, alimentée par des facilités de refinancement de la BRB, subvention indirecte des coûts du crédit et création de nouvelles banques (dédiées à l’habitat, aux jeunes et aux femmes).
- Système bancaire : globalement résilient avec des indicateurs de stabilité financière largement respectés (à l’exception de ceux liés aux réserves de change).
- Prêts non performants autour de 4,1 pour cent en septembre 2021.
- Nombre de prêts restructurés restant non négligeable.
Risques et facteurs d’incertitude
- Effets de la guerre en Ukraine sur les prix des matières premières (notamment pétrole) et sur la croissance.
- Incertitudes liées à la fin de la pandémie de COVID-19.
- Aléas climatiques au Burundi.
- Potentiel d’un financement extérieur plus élevé que prévu ou d’initiatives gouvernementales et réformes pouvant améliorer la croissance ; ces éléments pourraient renforcer la trajectoire économique mais restent incertains.
Recommandations et orientations de politique
- Politique budgétaire :
- Conduire une politique budgétaire prudente protégeant les dépenses prioritaires et porteuse de croissance économique.
- Politique monétaire et financière :
- Maintenir une politique monétaire et financière garante de la stabilité des prix et du système financier.
- Viabilité extérieure :
- Opérer un rééquilibrage prudent des politiques macroéconomiques pour rétablir la viabilité extérieure et porter la couverture des réserves de change à des niveaux plus confortables.
- Réformes structurelles et compétitivité :
- Atténuer les entraves à la croissance en continuant à améliorer la compétitivité par des réformes structurelles.
- Gouvernance et transparence :
- Renforcer davantage la gouvernance, notamment :
- Préparer des rapports semestriels audités de gestion des dépenses de lutte contre la COVID-19.
- Chercher à identifier les bénéficiaires ultimes des entreprises privées intervenues dans le cadre de ces dépenses.
- Publier les lois de règlements auditées.
Communiqué de presse N° 22/78, Département de la communication du FMI, le 17 mars 2022.