Washington, DC: Suite à la demande officielle des autorités béninoises d’un
nouveau programme appuyé par le Fonds monétaire international (FMI) en vue
de soutenir le plan national de développement, une mission du FMI dirigée
par Constant Lonkeng a tenu des réunions en présentiel et en
visioconférence avec les autorités béninoises du 15 au 23 novembre pour
discuter des évolutions économiques récentes et des priorités de politique
économique à même d’éclairer les entretiens futurs dans le cadre d’un
nouveau programme appuyé par le FMI.
À l’issue de la mission, M. Lonkeng a fait la déclaration ci-après :
« Le programme triennal au titre de la facilité élargie de crédit (FEC)
appuyé par le FMI au Bénin (environ 255 millions de dollars, y compris une
augmentation d’accès de 103 millions de dollars au début de la COVID-19)
est arrivé à son terme en mai 2020. Pour soutenir davantage le peuple
béninois à faire face à la pandémie, le conseil d’administration du FMI a
approuvé en décembre 2020 un financement d’urgence au titre de la facilité
de crédit rapide et de l’instrument de financement rapide (178 millions de
dollars). En outre, le Bénin a bénéficié de l’allocation générale de droits
de tirages spéciaux effectuée par le FMI (168 millions de dollars,
l’équivalent de 1% du PIB) en août 2021.
« Grâce à des fondamentaux économiques solides à l’aube de la COVID-19, le
Bénin disposait d’un espace budgétaire important et d’un accès continu au
financement, qui lui ont permis de contenir les répercussions économiques
de la crise. Le gouvernement a apporté une réponse rapide à la pandémie en
mettant en œuvre une panoplie de mesures d’atténuation des effets
sanitaires et économiques dont le coût est estimé à 4,5 % du PIB pour la
période 2020–22. Cela, conjugué à une forte impulsion de l’investissement
public et à l’établissement d’un cordon sanitaire autour des villes les
plus exposées à la pandémie, a contribué à accroître l’activité économique
de 3,8 % du PIB, l’un des taux de croissance les plus élevés parmi les pays
en développement en 2020.
« Une reprise économique robuste est en cours, malgré les revers causés par
les phénomènes météorologiques dans le secteur agricole, tirée entre autres
par la normalisation du trafic des marchandises au port de Cotonou (l’un
des principaux moteurs de l’économie béninoise). Certes, l’inflation
globale est restée modérée, mais les prix des denrées alimentaires ont
augmenté (8 % en octobre 2021, en glissement annuel), sous l’effet aussi
bien de facteurs mondiaux que de phénomènes météorologiques internes
défavorables.
« Le Bénin a récemment traversé sa vague la plus sévère d’infections à la
COVID-19, le nombre de cas hebdomadaires confirmés ayant atteint 4 760 en
septembre. Si la situation s’est depuis apaisée, le taux de vaccination,
bien qu’en hausse, reste faible (460 000 personnes seulement, soit 3.7 % de
la population, sont pleinement vaccinées), ce qui rend le pays vulnérable à
des vagues potentielles de l’épidémie à l’avenir. Les autorités sont en
train de renforcer leur stratégie de vaccination, notamment en collaborant
étroitement avec les communautés locales et en élargissant la capacité de
déploiement des vaccins.
« La mission a pris bonne note de la publication en ligne de documents sur
la passation de marchés publics et d’informations clés sur les contrats
liés à de grands projets mis en œuvre dans le cadre du plan de riposte à la
COVID-19. L’opérationnalisation de la Cour des comptes, qui remplace la
Chambre des comptes, est en cours à la suite d’une réforme institutionnelle
qui l’a sortie du giron de la Cour suprême. Cette transition a retardé
l’audit ex-post indépendant des fonds liés à la COVID-19 ; les
autorités entendent accélérer cet audit afin de préserver l’intégrité des
financements d’urgence et de renforcer la confiance à l’égard des
institutions publiques.
« L’équipe a examiné les évolutions récentes de l’économie et les
perspectives, y compris l’impact de la pandémie de COVID-19, et s’est
renseignée sur l’exécution du budget à la lumière de la loi de finances
rectificative 2021 et des hypothèses qui sous-tendent le budget pour 2022,
ainsi que sur les politiques que les autorités comptent mener en priorité.
Ces informations contribueront à préparer les prochaines consultations au
titre de l’article IV et les entretiens relatifs à un éventuel programme
appuyé par le FMI en faveur du Bénin, qui devraient se tenir au début de
l’année prochaine.
« Les membres de la mission ont rencontré M. Wadagni, ministre d’État
chargé de l’Économie et des Finances, M. Bio Tchané, ministre d’État chargé
du Développement et de la Coordination de l’action gouvernementale, M.
Hounkpatin, ministre de la Santé, Mme Tognifodé, ministre des
Affaires sociales et de la Microfinance, M. Assilamehoo, directeur national
de la BCEAO (banque centrale régionale), d’autres hauts fonctionnaires, des
représentants de la société civile et du monde des affaires, y compris
l’Agence nationale des petites et moyennes entreprises, l’Association des
banques, ainsi que d’autres acteurs du secteur privé à Cotonou et dans
d'autres communes.
« L’équipe du FMI tient à remercier les autorités et les diverses parties
prenantes pour leur accueil chaleureux et pour les entretiens ouverts et
constructifs. »