Texte préparé pour l’intervention
Bonjour. Excellences, Mesdames et Messieurs les ministres des Finances,
Mesdames et Messieurs, je vous remercie de participer à cet événement
important.
Nous sommes ici aujourd’hui pour travailler en partenariat avec l’Afrique
et accorder plus d’attention et plus de ressources au continent africain
afin qu’il puisse surmonter cette crise sans précédent.
La pandémie de COVID-19 a bouleversé notre monde, provoquant de tragiques
pertes en vies humaines et perturbant notre ordre social et économique.
Comme vous l’aurez vu dans notre rapport sur lesPerspectives de l’économie mondiale, nous prévoyons le pire ralentissement de l’économie mondiale depuis la
Grande dépression.
Pour l’Afrique, nous tablons sur une contraction d’au moins 1 ¼ % cette année,
soit le pire résultat jamais enregistré. Les positions budgétaires déjà
fragiles se détérioreront davantage à un moment où il est impératif de déployer la politique budgétaire afin de renforcer les
systèmes de santé et d’aider les ménages et les entreprises vulnérables. Il
est clair que, faute d’une aide internationale rapide et suffisante, la crise menace
d’annuler les progrès accomplis par le continent sur le front du
développement et de dégrader les perspectives pendant les années à venir.
C’est l’esprit de l’appel lancé il y a quelques jours par 18 dirigeants
africains et européens, parmi lesquels le Président Ramaphosa, qui est avec
nous aujourd’hui, le Président Macron et la Chancelière Merkel, sous la
bannière «
seule une victoire en Afrique peut permettre de battre la pandémie
partout
».
Notre réunion d’aujourd’hui sur le thème
« Se mobiliser avec l’Afrique » concerne aussi la solidarité
internationale et l’action rapide
qui sont nécessaires pour s’attaquer à la fois à l’urgence sanitaire et à
ses conséquences économiques sur le continent. La région est durement
touchée et
ne dispose pas des capacités de soins de santé, ni des ressources, pour
faire face à la crise seule.
La marge de manœuvre budgétaire est restreinte, et les besoins de
financement budgétaire pour faire face à la crise sont considérables, au
moins 114 milliards de dollars pour cette année. Notre
action résolue a contribué à satisfaire ces besoins en partie, mais
il reste un déficit de financement de 44 milliards de dollars que nous
devons chercher à combler.
Il est de notre responsabilité commune
de nous mobiliser avec l’Afrique dans son combat contre la pandémie et ses
répercussions économiques. Permettez-moi de mettre en
avant trois propositions :
-
Premièrement, offrir des possibilités de financement rapide et
accru
en faveur de l’Afrique.
Le FMI mobilise plus de 18 milliards de dollars pour l’Afrique en
2020.
Nous avons temporairement doublé l’accès à nos
ressources au titre de nos mécanismes d’urgence et
nous avons simplifié nos procédures afin d’accorder
une aide financière rapide à nos pays membres, notamment en répondant à
plus de 40 demandes d’aide de nos pays membres africains.
Nous cherchons aussi à reconstituer le fonds fiduciaire pour la
réduction de la pauvreté et pour la croissance en vue de
tripler notre capacité d’accorder des prêts concessionnels aux pays
à faible revenu
. À cet égard, j’ai trouvé très encourageante l’action de pays membres
hier : le Japon, la France, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et
plusieurs autres pays ont présenté des engagements qui nous amènent à 70 % du montant nécessaire pour atteindre cet
objectif.
-
Deuxièmement, obtenir un appui à l’allégement de la dette.
Nous applaudissons
la décision du G20 de suspendre les paiements du service de la
dette
des pays moins développés admissibles à l’IDA (39 pays africains)
envers des créanciers bilatéraux officiels jusqu’à la fin de 2020, en
réponse à un appel que j’ai lancé il y a quelques semaines avec David
Malpass. Je tiens à souligner le travail que la France, l’Allemagne, la Chine et l’Arabie Saoudite
ont effectué pour conclure cet accord. Nous avons
aussi réformé notre fonds fiduciaire d’assistance et de riposte aux
catastrophes afin d’alléger la dette de nos pays
membres les plus pauvres, dont 23 se trouvent en Afrique, et nous
cherchons à obtenir des fonds supplémentaires pour prolonger la durée
de l’allégement.
Nous appelons les créanciers privés à être aussi partie prenante à
la solution.
Avec la Banque mondiale, nous prêterons grande attention aux pays
lourdement endettés.
-
Troisièmement, définir des mesures de riposte
au choc actuel. Le FMI renforce ses conseils et le partage de ses connaissances en ce qui concerne les
mesures à prendre face à la crise. Nous préconisons de
privilégier les mesures qui
renforcent les services de santé et protègent ainsi les populations
les plus vulnérables et certaines parties de l’économie.
Nous voulons que l’Afrique non seulement gère cette situation
difficile, mais profite aussi des possibilités que la crise présentera,
pour devenir plus compétitive et pour faire un bond en avant, par
exemple, en ce qui concerne la gouvernance électronique et les fintech.
Pour conclure,
en nous mobilisant avec l’Afrique, je suis convaincue que nous
surmonterons cette crise et que nous ferons en sorte que l’Afrique
devienne la région la plus dynamique du XXIe siècle.