Une équipe du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Charalambos
Tsangarides, le Chef de mission pour Madagascar, s’est rendue à
Antananarivo du 11 au 25 novembre 2019 pour mener des discussions en vue de
la consultation au titre de l’Article IV pour 2019 et pour la sixième et
dernière revue du programme de réformes économiques de Madagascar soutenu
par la Facilité élargie de crédit (FEC).
Les discussions ont permis aux autorités et à la mission du FMI de parvenir
à un accord au niveau des services sur la sixième revue du programme, sous
réserve de l'approbation de la direction du FMI et du Conseil
d'administration. Le Conseil d’administration du FMI devrait examiner la
revue en janvier 2020.
Au terme de cette visite, M. Tsangarides a fait la déclaration suivante :
« Malgré un ralentissement temporaire de l’activité au premier semestre,
principalement dû à des retards d'exécution budgétaire, les perspectives
macroéconomiques sont restées favorables. Pour 2019, la croissance devrait
augmenter à 4,8%, grâce au dynamisme du crédit et aux évolutions positives
dans les secteurs des mines, des transports et des services. Dans un
contexte de baisse des prix de la vanille, le compte courant devrait
enregistrer un léger déficit. Après avoir atteint un pic fin 2017,
l'inflation a continué à ralentir progressivement et devrait être contenue
autour de 6% en fin d'année. Pour 2020, les perspectives économiques
restent positives et la croissance réelle devrait atteindre 5,2%, grâce à
l'augmentation des dépenses publiques consacrées aux infrastructures, à la
santé et à l'éducation, et au regain d'activité du secteur privé, notamment
dans le tourisme, les autres services et l'industrie légère.
« La mise en œuvre du programme soutenu par la FEC qui expire au début de
2020 est restée satisfaisante. Les autorités ont rempli tous les critères
de réalisation de juin 2019, ainsi que l'objectif indicatif relatif à la
collecte des recettes fiscales. Toutefois, l’objectif indicatif relatif aux
dépenses sociales prioritaires financées sur ressources intérieures a été
manqué, avec un écart important ; malgré une exécution récemment améliorée,
l’objectif de la Loi de finances rectificative ne sera pas atteint. La
banque centrale a continué avec succès à limiter la volatilité du taux de
change et à soutenir l’accumulation progressive de réserves, ainsi qu’à
gérer la liquidité bancaire au moyen d’interventions ciblées, contribuant
ainsi à la stabilité macroéconomique. Le programme de réformes
structurelles a progressé, à un rythme toutefois plus lent que prévu.
Malgré la renégociation réussie des marges de distribution sur les prix des
carburants, l’écart persistant entre les prix de référence et les prix à la
pompe a conduit à l'accumulation continue d’un léger passif envers les
distributeurs.
« La mission a salué la détermination des autorités à renforcer la
croissance, à améliorer la collecte des recettes et à favoriser l’inclusion
sociale. Soutenir l'activité économique requiert une priorisation et une
mise en œuvre sans délais de projets d'investissement porteurs de
croissance. L'atteinte d'objectifs ambitieux en termes de recettes fiscales
dépendra de l'intensification des efforts de collecte, du recoupement des
informations entre les administrations des douanes et des impôts, et de la
révision des dépenses fiscales et des régimes d'exonération. La réduction
de la pauvreté nécessitera une bonne exécution des dépenses publiques dans
les secteurs de la santé et de l’éducation, ainsi que la maîtrise des
dépenses publiques moins prioritaires, telles que les subventions aux
opérateurs pétroliers et au secteur de l’électricité.
« La mission a souligné la nécessité d'adopter un mécanisme de tarification
reflétant l'évolution des prix mondiaux sur les prix à la pompe, et de
régler le passif existant envers les distributeurs afin d’éviter des coûts
budgétaires. Les services du FMI ont insisté sur l’importance de mettre en
place un tel mécanisme, assorti de mesures sociales ciblées visant à
protéger les populations vulnérables des conséquences d’éventuels futurs
ajustements des prix. Une amélioration de la situation opérationnelle et
financière de la compagnie de service public JIRAMA pour assurer qu’elle ne
pèse pas sur le budget repose sur une stratégie globale visant à générer
des recettes et à améliorer la gouvernance. La mission du FMI appuie
également les mesures en cours de réduction des coûts, notamment par la
renégociation des contrats avec les fournisseurs d’électricité et de
combustibles et par l’audit des arriérés de la compagnie publique.
« La mission a encouragé les autorités à continuer à améliorer la
gouvernance, notamment en intensifiant la lutte contre la corruption,
élément essentiel pour renforcer le climat des affaires et attirer les
investissements privés. À cet égard, la mission a félicité les autorités
pour l’adoption d’une ordonnance sur le recouvrement des avoirs illicites
et a insisté sur l’importance de sa mise en œuvre à travers l'adoption
rapide du décret d'application. Afin de consolider et d’approfondir les
importantes réformes structurelles entreprises à la banque centrale pour
renforcer le cadre de la politique monétaire et renforcer l’inclusion
financière, la mission a salué le projet des autorités de soumettre la
nouvelle loi bancaire et la loi sur la stabilité financière au Parlement.
« La mission a rencontré le Président Andry Rajoelina, le Premier ministre
Christian Ntsay, le ministre de l'économie et des finances, Richard
Randriamandrato, le ministre par intérim de l'énergie, de l'eau et des
hydrocarbures, Christian Ramarolahy, le gouverneur sortant de Banky
Foiben'i Madagasikara, Alain Rasolofondraibe, et le nouveau gouverneur,
Henri Rabarijohn, d’autres hauts responsables de l’Etat, les partenaires au
développement, ainsi que des représentants du secteur privé et de la
société civile.
« La mission remercie les autorités pour leur étroite coopération et des
discussions constructives. »