Une équipe du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Charalambos
Tsangarides, le Chef de mission pour Madagascar, s’est rendue à
Antananarivo du 29 mai au 11 juin 2019. L’équipe a tenu des discussions
avec les autorités dans le cadre de la cinquième revue du programme de
réformes économiques de Madagascar soutenu par la Facilité élargie de
crédit (FEC) du FMI.
[1]
Au terme de cette visite, M. Tsangarides a fait la déclaration suivante :
« Les discussions ont fait d’importants progrès et se poursuivent en vue de
présenter la revue au Conseil d’administration du FMI dans les semaines à
venir.
« Les conditions économiques continuent à s’améliorer, et les perspectives
macroéconomiques restent favorables. En 2018, la croissance a atteint 5,2
pour cent, tirée par un rebond de la production agricole et de
l’investissement. Malgré des prix pétroliers à la hausse, le compte courant
a enregistré un surplus dû aux fortes exportations de vanille et de
produits miniers. Après avoir culminé fin 2017, l’inflation a connu une
décélération régulière jusqu’à 6,1 pour cent fin 2018. Pour 2019, les
perspectives économiques restent positives, avec une croissance devant se
stabiliser au-dessus de 5 pour cent, soutenue par l’investissement, les
exportations, des améliorations dans le secteur de l’énergie, et le
bâtiment.
« La mise en œuvre du programme soutenu par la FEC est restée
satisfaisante jusqu’à fin 2018 et devrait rester sur la bonne voie en
2019.
Les autorités ont respecté tous les critères de performance pour la fin de
2018, malgré un manque à gagner dans la collecte des recettes intérieures.
Cependant, l’objectif indicatif relatif aux dépenses sociales prioritaires
sur financement intérieur a été manqué. La banque centrale a accumulé avec
succès un niveau record de réserves de change. Les autorités ont bien
progressé dans l’agenda de réformes structurelles, bien qu’à un rythme plus
lent que prévu. Cependant, des retards dans l’ajustement des prix des
carburants à la pompe dans un contexte de prix pétroliers mondiaux élevés
ont entraîné une augmentation des passifs envers les distributeurs,
susceptible de peser négativement sur le budget.
« Les services du FMI ont favorablement salué l’engagement des autorités,
dans le cadre de la Politique Générale de l’Etat, pour accélérer les
réformes économiques, améliorer la gouvernance, et intensifier la lutte
contre la pauvreté, y compris par le biais du programme soutenu par la FEC.
Répondre à ces priorités passera nécessairement par l’amélioration de la
collecte des recettes intérieures, y compris en revisitant les dépenses
fiscales et les régimes d’exonération, ainsi qu’en contenant les dépenses
publiques de moindre priorité, telles que les subventions dans les secteurs
des carburants et de l’électricité. Alors que l’exécution budgétaire a été
faible jusqu’á présent en 2019, la loi de finances rectificative récemment
adoptée améliore la qualité des dépenses, avec plus d’espace budgétaire
alloué aux dépenses en infrastructure, santé et éducation. Étant donné la
détérioration limitée associée du solde budgétaire global, une stricte
priorisation des projets d’investissement et le suivi de la viabilité de la
dette seront essentiels pour soutenir la croissance économique.
« Les services du FMI recommandent la poursuite des discussions en cours
entre les autorités et les opérateurs pour la mise en œuvre du plan sur la
tarification des carburants ; l’établissement d’une nouvelle structure des
prix des carburants est une étape essentielle avant de régler les passifs
existants avec les distributeurs. Afin d’éviter la récurrence d’arriérés
envers les distributeurs à l’avenir, les services du FMI ont encouragé les
autorités à adopter un mécanisme de tarification qui aligne les prix à la
pompe sur les coûts, reflétant les évolutions des prix mondiaux, en
parallèle avec des mesures sociales ciblées pour protéger les plus
vulnérables de l’impact d’éventuels ajustements futurs. Une amélioration de
la situation financière de la JIRAMA pour assurer qu’elle ne pèse pas sur
le budget nécessitera des efforts continus pour augmenter les recettes et
améliorer la gouvernance, y compris par le biais d’une intensification de
la lutte contre la fraude. Les services du FMI soutiennent aussi les
mesures de réduction des dépenses pouvant découler de la renégociation en
cours des contrats avec les fournisseurs d’électricité et de carburant.
« Les autorités et les services du FMI sont convenus de poursuivre
l’amélioration de la gouvernance et du climat des affaires, y compris en
intensifiant la lutte contre la corruption, un objectif clé du nouveau
gouvernement et du programme appuyé par la FEC. À cet égard, l’adoption
d’un projet de loi sur le recouvrement des avoirs illicites est devenue une
priorité urgente pour compléter le cadre juridique visant à combattre la
corruption. Les services du FMI ont aussi félicité les autorités pour les
réformes structurelles mises en œuvre à la banque centrale pour renforcer
le cadre de politique monétaire et stimuler le développement du secteur
financier, ainsi qu’au Ministère de l’économie et des finances pour mieux
gérer les risques budgétaires et renforcer les procédures de passation de
marchés publics. »
« La mission a rencontré le Premier Ministre Christian Ntsay, M. Richard
Randriamandrato le Ministre de l’Économie et des finances, M. Vonjy
Andriamanga le Ministre de l’Énergie, de l’eau et des hydrocarbures, M.
Alain Rasolofondraibe le Gouverneur de la Banky Foiben'i Madagasikara,
d’autres hauts responsables de l’Etat, ainsi que des partenaires au
développement. »
« La mission remercie les autorités pour leur étroite coopération et des
discussions constructives. »
[1]
Le programme de Madagascar appuyé par la FEC a été approuvé par le
Conseil d'administration du FMI en juillet 2016. La FEC est un
accord de prêt qui prévoit un engagement soutenu du programme à
moyen et long terme en cas de problèmes de balance des paiements
prolongés.