Introduction
Je vous souhaite la bienvenue à cette séance importante sur le
développement et l’inclusion financière des petites et moyennes entreprises
(PME) dans la région arabe. Je tiens à remercier le ministre Al Tayer et
les autorités des Émirats arabes unis de l’organisation de cet événement et
de leur hospitalité.
Environ à la même époque l’année dernière, pendant la conférence de
Marrakech, les dirigeants des pays de la région ont indiqué clairement
qu’il était prioritaire de rendre la croissance plus inclusive. Les pays
arabes ont accompli des progrès, mais il reste beaucoup à faire pour
accélérer la croissance et offrir des possibilités d’emploi à tout un
chacun. L’amélioration de l’accès aux services financiers est devenue un
aspect important du développement des PME et du programme de croissance
inclusive.
Au cours de l’année écoulée, nous avons examiné attentivement l’expérience
de différents pays et les mesures qui permettent d’améliorer l’inclusion
financière des PME. Nous proposons maintenant de concrétiser ce programme
afin de mieux servir nos pays membres.
J’évoquerai avec vous trois points : i) « pourquoi » mettre l’accent sur
l’inclusion financière des PME, ii) « comment » les pays peuvent-ils créer
un environnement propice au développement des PME et iii) encore une fois «
comment », comment le FMI peut-il appuyer les efforts cruciaux de ces pays
membres dans ce domaine.
1.
Pourquoi mettre l’accent sur l’inclusion financière des PME
Tout d’abord, l’inclusion financière des PME est importante sur le plan
macroéconomique. Pourquoi ? Parce que les PME contribuent à créer des
emplois, à diversifier les économies et à stimuler la croissance.
Dans la région arabe, les PME représentent 96 % des sociétés immatriculées.
Elles emploient aussi la moitié de la main-d’œuvre. Et pourtant, leur accès
au crédit est le plus bas du monde : les prêts aux PME ne représentent que
7 % du total des prêts bancaires dans la région.
Combler ce déficit d’inclusion financière, par rapport à la moyenne des
pays émergents et des pays en développement, présenterait des avantages
économiques multiples :
- L’accélération de la croissance économique annuelle pourrait aller
jusqu’à 1 %, ce qui pourrait permettre de créer environ 15 millions
d’emplois d’ici 2025 dans la région arabe.
- Les politiques budgétaires et monétaires seraient plus efficaces, grâce à
une meilleure mobilisation des recettes intérieures et à une meilleure
transmission de la politique monétaire.
Il est donc évident que le soutien des PME et la mise en place d’un
environnement qui leur est favorable constituent un élément fondamental de
toute stratégie de croissance inclusive. Comment les pays peuvent-ils donc
mettre en place les conditions nécessaires au développement et à
l’inclusion financière des PME ?
2.
Comment créer un environnement propice aux PME
Sur la base de nos travaux récents, la promotion de l’inclusion financière
des PME exige une approche holistique. Pour que les PME aient accès au
crédit de manière significative, sûre et durable, il n’y a pas de recette
miracle. Et les démarches partielles ont peu de chances de suffire.
Une série de facteurs économiques et institutionnels sont nécessaires pour
accroître le crédit bancaire aux PME. Trois déterminants communs
ressortent.
-
Premièrement, les paramètres économiques fondamentaux et les
secteurs financiers doivent être sains
. Il s’agit de réduire la taille de l’État lorsqu’il évince le
financement des PME et crée des conditions inégales par rapport aux
entreprises publiques. Il s’agit aussi d’avoir une économie saine et
compétitive et un secteur bancaire qui facilite l’entrée des PME sur
les marchés.
-
Deuxièmement, certains facteurs institutionnels sont essentiels
aussi
, par exemple, une bonne gouvernance et une capacité de contrôle du
secteur financier, la disponibilité d’informations sur le crédit et des
cadres juridiques solides. Ainsi, nos travaux montrent que
l’élargissement du champ couvert par les centrales de risques dans la
région arabe pourrait accroître l’emploi, en particulier dans les PME.
-
Troisièmement, il convient d’exploiter le potentiel d’autres moyens
de financement des PME
, par exemple en se tournant vers les marchés de capitaux et en
favorisant le développement du segment des PME sur ces marchés. Les
fintech pourraient aussi changer la donne pour les PME : elles peuvent
accroître la concurrence parmi les fournisseurs de crédit et enrichir
l’information sur le crédit.
3.
Comment le FMI aide-t-il ses pays membres en matière d’inclusion
financière des PME
Le FMI peut mieux aider les pays arabes dans ce domaine. Comme dans
d’autres régions, plusieurs pays arabes, tels que l’Égypte, les Émirats
arabes unis et la Jordanie, ont commencé à mettre en œuvre des stratégies
globales d’inclusion financière, y compris pour les PME.
Sur la base de nos travaux récents, nous comptons fournir des conseils qui
sont plus détaillés et mieux adaptés aux besoins de chaque pays, et qui
reflètent l’expérience internationale.
Notre nouveau document sur l’inclusion financière des PME sera présenté
mardi au Caire. Nous espérons que cet événement marquera le début d’un
dialogue plus approfondi avec nos pays membres dans ce domaine important.
Je vous remercie de votre attention.