Une équipe du Fonds Monétaire International (FMI) dirigée par Luc Eyraud
s’est rendue à Cotonou du 18 au 29 octobre 2018 pour mener des discussions
concernant la troisième revue du programme économique et financier triennal
appuyé par le FMI dans le cadre des accords au titre de la Facilité Elargie
de Crédit (FEC)
[1]
avec la République du Bénin. Les discussions ont porté sur le projet de
budget 2019, les récents développements économiques et financiers ainsi que
les politiques nécessaires pour favoriser une croissance inclusive,
préserver la viabilité de la dette, améliorer la gouvernance et promouvoir
la stabilité financière.
À la fin de la visite, M. Eyraud a rendu publique la déclaration suivante :
« Les discussions de la troisième revue dans le cadre du programme appuyé
par la FEC ont permis aux autorités et à l’équipe du FMI de parvenir à un
accord, sous réserve de l’approbation par la Direction et le Conseil
d’administration du FMI. L’examen du Conseil d’administration du FMI est
prévu en décembre 2018.
« L’activité économique est restée forte en 2017 (avec une croissance
estimée à 5,8%), soutenue par un investissement public élevé, une
production et transformation records du coton et la reprise de l’économie
nigériane. Le déficit de la balance courante s’est creusé en 2017 en raison
d’une augmentation des importations de biens, reflétant la hausse des
investissements publics. Pour 2018, les estimations préliminaires indiquent
que la croissance va encore s’accélérer principalement en raison d’une
activité portuaire dynamique. Les perspectives à moyen terme restent
favorables : la croissance économique devrait rester au-dessus de 6% sur la
période 2019-2023, sous l’effet de l’essor de l’investissement privé et
d’une plus forte demande émanant du Nigéria. L’inflation en 2019 devrait
être inférieure au taux de convergence de 3% de l’UEMOA.
« Les résultats obtenus dans le cadre du programme appuyé par la FEC
restent satisfaisants. Sur la base des données disponibles, tous les
indicateurs de suivi du programme (quantitatifs et structurels) définis
pour fin juin 2018 ont été globalement atteints.
« Les autorités et la mission du FMI ont convenu de mesures de politiques
budgétaires dans la loi des finances 2019 afin d’atteindre les objectifs
clés du programme. Ces mesures devraient permettre de ramener le déficit
budgétaire à 2,7% du PIB en 2019 et ainsi permettre de respecter la norme
de déficit régional de l’UEMOA.
« Le FMI salue les efforts de mobilisation des recettes intérieures inclus
dans le budget. Les mesures de revenus permettront d’allouer davantage de
ressources aux programmes sociaux destinés à protéger les couches les plus
vulnérables de la population. Plus précisément, le nouveau système
d’assurance maladie rentrera dans une phase pilote l’an prochain. Une
meilleure mobilisation des recettes intérieures permettra également de
créer une marge budgétaire pour financer les projets d’infrastructure du
Programme d’Action du Gouvernement (2017-2021).
« Dans le domaine de la gestion des dépenses publiques, il est nécessaire
de poursuivre les efforts en vue du renforcement de l’évaluation et la
priorisation des nouveaux projets d’investissement et, plus généralement,
pour améliorer l’efficacité de l’investissement public. Dans ce sens, les
autorités sont en train de mettre en œuvre les recommandations de la
mission d’assistance technique sur la gestion de l’investissement public,
conduite par le FMI a la fin de l’année 2017.
« Les autorités et les services du FMI se sont également mis d’accord sur
des politiques visant à garantir la viabilité de la dette publique à
travers une stratégie d’endettement prudente et le renforcement de la
gestion de la dette. À cet égard, l’équipe a encouragé les autorités à
poursuivre leurs efforts pour allonger les échéances de la dette, réduire
les charges d’intérêts et rééquilibrer la structure du portefeuille de la
dette. La récente opération de reprofilage de la dette participe à cet
objectif.
«
Les autorités et l’équipe ont convenu de la nécessité de poursuivre les
efforts pour renforcer la gouvernance et accélérer les réformes visant à
améliorer l’environnement des affaires. La mission a pris note des récents
progrès enregistrés dans ces domaines et a encouragé le gouvernement à
poursuivre les réformes visant à faciliter l’accès à l’électricité et au
financement bancaire, et à renforcer les institutions de lutte contre la
corruption.
« L’équipe a rencontré le Président Patrice Talon ; Abdoulaye Bio Tchané,
Ministre d’État chargé du Plan et du Développement ; Romuald Wadagni,
Ministre de l’Economie et des Finances ; Alain Komaclo, Directeur national
de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ; et
d’autres hauts fonctionnaires de l’Etat.
« La mission remercie les autorités pour leur étroite collaboration et les
discussions constructives. »
[1]
Le programme du Bénin appuyé par la FEC a été approuvé par le
Conseil d’administration du FMI en avril 2017. La FEC est un accord
de prêt qui prévoit un engagement soutenu du programme à moyen et
long terme en cas de problèmes de balance des paiements prolongés.