Groupe intergouvernemental des vingt-quatre pour les questions monétaires internationales et le développement
IMF News, October 11, 2018
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- Published: October 11, 2018
Réunion et contexte
- Centième réunion tenue à Bali, Indonésie, le 11 octobre 2018.
- Présidence : M. Mangala Samaraweera, ministre des Finances et des Médias du Sri Lanka.
- Premier vice-président : M. Julio Velarde, gouverneur de la Banque centrale de réserve du Pérou.
- Second vice-président : M. Yaw Osafo-Maafo, ministre d’État de la République du Ghana.
- Contacts médias fournis : TÉLÉPHONE:+1 202 623-7100 COURRIEL: MEDIA@IMF.org
- Remerciements aux autorités indonésiennes pour l’organisation et l’hospitalité ; condoléances et soutien suite aux événements tragiques récents en Indonésie.
Perspectives macroéconomiques et risques mondiaux
- La reprise de la croissance mondiale se poursuit, mais les perspectives risquent maintenant d’être révisées à la baisse.
- Croissance de plus en plus inégale, y compris entre pays émergents et pays en développement (PEPD).
- Inquiétude face au durcissement des conditions financières lié à la normalisation de la politique monétaire dans les pays avancés; un changement rapide du sentiment des marchés financiers pourrait retarder la reprise.
- Préoccupation liée à l’incertitude des tensions commerciales et aux mentalités protectionnistes qui assombrissent les perspectives de croissance.
Commerce international et intégration
- Appel à coopérer au niveau international pour promouvoir un système commercial multilatéral fondé sur des règles, ouvert, transparent, non discriminatoire et équitable, avec l'Organisation mondiale du commerce en son centre.
- Volonté de participer aux initiatives mondiales visant à améliorer le système commercial afin de faciliter le développement durable et d’assurer une répartition équitable des avantages.
- Demande aux organisations internationales de s'engager davantage en faveur de l'intégration régionale et d'une gouvernance mondiale du commerce plus efficace.
Coordination des politiques et rôle du FMI
- Appel à une coordination internationale des politiques économiques pour contrer les retombées négatives des politiques intérieures des pays avancés.
- Nécessité d’une évaluation impartiale et contextuelle, dans la surveillance du FMI, des mesures macroprudentielles et de gestion des flux de capitaux.
- Insistance sur un solide dispositif mondial de sécurité financière centré sur un FMI reposant sur un système de quotes-parts et disposant de ressources adéquates.
- Demande de maintenir au minimum la capacité de prêt actuelle du FMI en augmentant les quotes-parts et en réduisant la dépendance à l'égard des emprunts.
- Observation : les accords d'emprunt bilatéraux expireront à la fin de 2019.
- Encouragement du renforcement de la coopération entre le FMI et les arrangements financiers régionaux.
- Appel à l’adaptation continue des instruments du FMI, y compris conception des programmes et conditionnalité.
- Incitation pour le FMI à relancer le débat sur un instrument d'échange de liquidités à court terme.
- Appel à l’équité du FMI en matière de surveillance et de décisions en matière de prêts.
- Soutien aux travaux explorant le renforcement du rôle des droits de tirage spéciaux en tant qu'instrument de coopération internationale et monnaie de réserve internationale.
Pays à faible revenu (PFR) et financement concessionnel
- Demande d’un relèvement des limites d'accès au fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) et de mécanismes crédibles pour accroître ses ressources, son efficacité et son impact.
- Encouragement à maintenir l'instrument de soutien à la politique économique aux côtés de l’instrument de coordination de la politique économique nouvellement établi.
- Appel à améliorer le financement de précaution et à augmenter les possibilités de combinaison avec des financements non concessionnels.
- Attente des mesures du FMI pour approfondir sa relation avec les pays fragiles, conformément aux recommandations de son bureau indépendant d'évaluation.
- Préoccupation : diminution d’environ 20 % de l'aide publique au développement accordée aux PFR entre 2013 et 2016 ; demande instamment aux pays donateurs de prendre des mesures pour inverser cette tendance.
- Approbation de la mise en œuvre effective de l'IDA 18, destinée à accroître considérablement l’aide en faveur des pays à faible revenu et à produire des résultats dans les cinq domaines couverts, dont l’emploi et la transformation économique.
- Approbation de l'intention d'accroître le financement de la BIRD en faveur des pays sortant de l'IDA et demande instamment l'élimination de la clause de paiement accéléré pour ces pays.
Dette, transparence et gestion financière
- Préoccupation pour la vulnérabilité croissante liée à la dette dans les pays en développement.
- Exhortation à la communauté financière internationale pour renforcer son soutien aux efforts des pays en développement pour gérer les dynamiques interdépendantes de la dette et de la croissance.
- Recommandation d’une mise en œuvre souple du cadre de viabilité de la dette des PFR et de la politique des plafonds d'endettement, prenant en compte infrastructures et dépenses sociales nécessaires tout en préservant la viabilité de la dette.
- Demande au FMI, au Groupe de la Banque mondiale (GBM), aux partenaires multilatéraux et aux donateurs de :
- renforcer les capacités de gestion budgétaire et de gestion de la dette;
- améliorer la transparence de la dette;
- développer les marchés financiers intérieurs.
- Mise en avant de la responsabilité conjointe des pays débiteurs et créditeurs pour promouvoir la transparence et la viabilité de la dette; encouragement à une bonne coordination entre créanciers.
- Risques de viabilité de la dette élevés pour les pays exposés aux catastrophes naturelles et aux changements climatiques; importance d'approches novatrices du FMI et du GBM pour renforcer la résilience et débloquer des fonds climatiques.
Mobilisation des ressources intérieures, fiscalité et lutte contre l’évasion
- Demande au FMI et au GBM de renforcer l’assistance à la mobilisation des ressources intérieures, à la lutte contre les flux financiers illicites, et à l'atténuation de l'impact social et distributif négatif des ajustements budgétaires.
- Insistance sur la coopération internationale en matière fiscale pour établir des règles justes et éviter les pratiques et la concurrence fiscales dommageables, en tenant compte des problèmes, circonstances et priorités des PEPD.
- Accueil favorable du rapport intérimaire du groupe de travail du G-24 sur les politiques fiscales et la coopération internationale en matière fiscale, qui propose :
- méthodes d'apprentissage entre pairs;
- renforcement des capacités;
- mise en œuvre de l'échange d'informations automatique et sur demande;
- points de vue sur la fiscalité de l'économie numérique, les industries extractives et les transferts indirects d'actifs.
Rôle des banques multilatérales de développement (BMD) et financement privé
- Doute que le financement privé atteigne l'ampleur envisagée dans le Programme d'action d'Addis-Abeba pour réaliser les ODD de 2030.
- Appel aux BMD à jouer un rôle important pour promouvoir un climat propice aux investissements et réduire les risques dans les pays en développement.
- Suggestions pour les BMD :
- développer la mise en commun et la diversification des risques au sein du réseau des BMD;
- créer de nouvelles catégories d'actifs pour investisseurs privés;
- tirer parti de leurs atouts respectifs pour maximiser l'impact sur le développement en soutenant des programmes dirigés par les pays;
- augmenter d’urgence leurs ambitions de financement et leur efficacité en matière de développement.
Technologie, capital humain et inclusion
- Reconnaissance des possibilités de croissance inclusive offertes par l'évolution technologique, tout en soulignant les risques d'une fracture technologique et d'exclusion économique et sociale.
- Accueil du programme de Bali du FMI et du GBM pour les technologies financières (« fintech ») définissant les paramètres pour tirer parti des avantages technologiques et se prémunir contre les risques pour la stabilité financière, l'intégrité et la protection des consommateurs.
- Observation que le GBM met davantage l'accent sur le développement du capital humain; recommandation d'associer ce volet au programme de transformation des emplois et de l'économie.
- Prise de note des travaux du GBM sur l'indice du capital humain; attente d'améliorations méthodologiques et de nouvelles données; mise en garde contre l'utilisation inappropriée de l'indice pour classer la performance des pays.
Lutte contre le blanchiment, correspondance bancaire et normalisation
- Souscription aux efforts mondiaux pour lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
- Reconnaissance d'effets imprévus, notamment la diminution des relations de correspondants bancaires pour de nombreux pays.
- Encouragement au FMI et au GBM pour catalyser des solutions contre cette diminution, notamment via un processus consultatif associant pays d'origine et de destination, autorités nationales de réglementation et organismes mondiaux de normalisation.
Gouvernance et représentation dans les institutions internationales
- Soulignement de l'importance des réformes de la participation et de la gouvernance dans les institutions de Bretton Woods pour refléter l'évolution du paysage économique mondial.
- Attente de l'achèvement de la quinzième revue générale des quotes-parts du FMI, y compris un accord sur une nouvelle formule de calcul des quotes-parts, avant les réunions du printemps 2019 et au plus tard avant l'assemblée annuelle de 2019.
- Préoccupation concernant la lenteur des progrès; demande au comité monétaire et financier international de dégager un consensus pour conclure l'accord en temps voulu.
- Réitération de l'appel en faveur d'une formule révisée qui :
- accorde plus de poids au PIB calculé selon les parités de pouvoir d’achat dans le panachage du PIB;
- redéploie davantage les quotes-parts des pays avancés au profit des pays émergents ou en développement dynamiques;
- protège les quotes-parts et la participation de tous les pays admissibles au FRPC et des petits pays en développement.
- Réitération des appels pour la mise en œuvre définitive de la réforme de 2010 concernant la représentation au conseil d'administration et la création d'un troisième siège pour l'Afrique subsaharienne sans porter préjudice au siège d'un autre PEPD.
Banque mondiale et actionnariat
- Accueil de l’approbation des résolutions relatives à l'augmentation de capital de la BIRD et encouragement à approuver en temps voulu les résolutions relatives à l'augmentation de capital de la SFI.
- Observation : la nouvelle structure d'actionnariat de la BIRD n'entraînera pas de changement notable dans la participation des PEPD à la gouvernance de la BIRD.
- Encouragement pour la revue de l'actionnariat de la BIRD prévue en 2020 à respecter les principes d'Istanbul visant à une répartition équitable des voix entre pays développés et pays en développement et en transition.
Inclusion du personnel et diversité
- Engagement à redoubler d’efforts pour mettre fin à la sous-représentation de certains pays et régions dans les recrutements et progressions de carrière au FMI et au GBM, y compris aux postes d’encadrement.
- Réaffirmation de l’importance de la diversité et de l’équilibre entre femmes et hommes au sein du personnel à tous les niveaux, y compris diversité des établissements d’enseignement et des formations.
Participants et réunions préparatoires
- La réunion des ministres a été précédée le 10 octobre 2018 par la cent douzième réunion des suppléants du G-24, sous la présidence de M. P. Nandalal Weerasinghe, gouverneur adjoint de la Banque centrale du Sri Lanka.
- Liste de participants par groupes régionaux (Afrique, Asie, Amérique latine) et listes d'observateurs et d'invités, dont :
- Invités : David Lipton, Joaquim Levy, Joseph Stiglitz.
- Secrétariat du G-24 et Secrétariat du FMI pour le G-24 nommés dans le texte.
Communiqué du Département de la communication du FMI, 11 octobre 2018.