Le 23 janvier 2017, le Conseil d’administration du Fonds monétaire
international (FMI) a approuvé en faveur du Niger un accord triennal au
titre de la facilité élargie de crédit (FEC)
[1]
d’un montant équivalant à 98,7 millions de DTS (environ 134,04 millions de
dollars, ou 75 % de la quote-part du Niger) à l’appui du plan national des
autorités pour le développement économique.
Le nouveau programme vise à consolider la stabilité macroéconomique et à
favoriser une croissance élevée et équitable, à accroître les revenus et à
créer des emplois, tout en renforçant les fondements d’un développement
durable. Le programme s’appuiera sur les enseignements tirés des précédents
accords FEC. La décision du Conseil d’administration permettra de décaisser
immédiatement 14,1 millions de DTS (environ 19,15 millions de dollars). Les
montants restants seront échelonnés sur la durée du programme, sous réserve
de revues semestrielles.
Lors de la même réunion, le Conseil d’administration a achevé aussi les
consultations de 2016 au titre de l’article IV. Un communiqué de presse
distinct sera publié sous peu.
A la suite du débat du Conseil d’administration sur le Niger, le Directeur
général adjoint et Président par intérim, M. Mitsuhiro Furusawa, a prononcé
la déclaration suivante :
« Le Niger a pu préserver la stabilité macroéconomique en dépit de sérieux
problèmes sur le plan de la sécurité, du bas niveau persistant des prix du
pétrole et de l’uranium, ainsi que du ralentissement économique dans la
région. La croissance s’est accélérée et l’inflation reste modérée, bien en
deçà du critère de convergence de l’UEMOA. Des progrès considérables ont
été accomplis dans le cadre de l’accord de 2012 -16 au titre de la facilité
élargie de crédit (FEC), notamment en ce qui concerne le renforcement de la
gestion des finances publiques, la gestion de la dette et le développement
du secteur financier, mais l’impact des chocs, des dérapages de la
politique économique et la faiblesse des capacités ont limité
l’amélioration des indicateurs de développement de manière plus générale.
Le Niger reste l’un des pays les moins développés, avec de multiples
problèmes sur le plan social et du développement.
« Le nouvel accord FEC vise à maintenir la stabilité macroéconomique, à
partager les bienfaits de la croissance avec un plus grand nombre et à
réduire la pauvreté, conformément à la stratégie gouvernementale qui est
énoncée dans le document de développement économique. L’accent est mis sur
l’augmentation de l’espace budgétaire et la poursuite de l’amélioration de
la gestion des finances publiques et de l’efficience des dépenses afin de
faciliter la réalisation des objectifs de développement du pays, en
particulier financer les infrastructures et les dépenses sociales.
« Les perspectives économiques à moyen terme sont favorables, portées par
une amélioration de la production agricole et une hausse des exportations
de ressources naturelles. Néanmoins, pour faire face aux problèmes et aux
risques persistants, il est nécessaire de s’attacher en priorité à
préserver la viabilité des finances publiques et de la dette. Il sera
essentiel de mettre en œuvre un solide programme de réformes, qui repose
sur un investissement plus efficient, un meilleur climat des affaires, un
développement financier plus inclusif et une stratégie globale qui vise à
réduire les inégalités entre hommes et femmes et à exploiter le dividende
démographique. »
Annexe
Évolution économique récente
Les résultats macroéconomiques globaux du Niger sont restés satisfaisants
en 2016, malgré les chocs sécuritaire et humanitaire, l’évolution
défavorable des prix des produits de base et la réduction des flux
commerciaux vers les pays voisins. La croissance devrait passer à 4,6 % en
2016, contre 3,5 % en 2015, portée par une bonne campagne-, et en dépit de
la faiblesse persistante des secteurs du pétrole et des mines. L’inflation
serait limitée à 1,1 % en 2016.
L’exécution du budget a souffert de l’insuffisance des recettes par rapport
aux objectifs, qui s’explique en partie par l’évolution défavorable du
secteur des produits de base et les problèmes économiques persistants dans
les pays voisins. Fin juin 2016, la plupart des objectifs budgétaires
autres que l’objectif relatif aux recettes publiques ont toutefois été
atteints. Des progrès ont été accomplis dans l’exécution des réformes
structurelles, quoique avec des retards.
En réaction à une moins-value plus élevée sur recettes au deuxième semestre
de 2016, les autorités ont réduit les engagements sur les dépenses non
prioritaires pour le dernier trimestre de 2016. Cette mesure adoptée par le
comité interministériel de régulation budgétaire contribuera à éviter
l’accumulation d’arriérés de paiements et le recours au financement
intérieur.
Les perspectives économiques à moyen terme sont favorables, mais restent
exposées à des risques externes et internes considérables. La croissance du
PIB devrait passer à 5,2 % en 2017, portée par l’agriculture et une hausse
attendue de la production pétrolière. L’inflation devrait rester contenue
en deçà de 2 %. La croissance du PIB réel devrait atteindre en moyenne 6,1
% pendant la période 2018-21, principalement du fait de l’expansion du
secteur des industries extractives et d’une augmentation des
investissements publics et privés. L’inflation devrait rester inférieure au
critère de convergence de 3 % de l’UEMOA. Parmi les risques principaux
figurent les effets externes négatifs des conflits régionaux, la
vulnérabilité aux catastrophes naturelles et les turbulences économiques
dans la sous-région.
Résumé du programme
En s’appuyant sur les progrès accomplis dans le cadre des accords
précédents (voir
communiqué de presse no 12/90), le nouveau programme triennal concourra à la réalisation des objectifs
généraux du document de développement économique et s’attaquera aux
obstacles à la stabilité macroéconomique, à l’accélération de la croissance
et à la création d’emplois. Les objectifs principaux du programme appuyé
par la FEC consistent à maintenir la stabilité macroéconomique tout en
créant un espace budgétaire pour les infrastructures, en finançant des
dépenses de sécurité qui restent élevées et en augmentant les dépenses
sociales. Il reste essentiel de préserver la stabilité macroéconomique,
ainsi que d’améliorer le climat des affaires et l’accès aux services
financiers, pour atteindre les objectifs de réduction de la pauvreté, tous
ces facteurs contribuant à la diversification de l’économie et à
l’accroissement de sa résilience.
La politique budgétaire aura pour objectif d’élargir l’assiette de l’impôt,
afin de réduire la dépendance à l’égard des recettes volatiles qui sont
tirées des ressources naturelles, de renforcer l’efficience des
administrations de l’impôt et des douanes, et d’améliorer le recouvrement
des impôts. La gestion des dépenses mettra l’accent sur la hiérarchisation
des dépenses publiques et le renforcement de leur contrôle, notamment grâce
à la mise en œuvre complète du compte unique du Trésor, grâce à un solide
mécanisme de gestion des liquidités qui permettra d’éviter l’accumulation
des arriérés intérieurs et de contenir l’augmentation de la dette.
Informations générales
Le Niger, qui est devenu membre du FMI le 14 avril 1963, a une quote-part
de 131,6 millions de DTS ou FMI.
Pour des informations supplémentaires sur le FMI et le Niger, voir :
http://www.imf.org/external/country/ner/index.htm
.
|
Niger : principaux indicateurs économiques et
financiers, 2014-21
|
|
|
2014
|
2015
|
2016
|
2017
|
2018
|
2019
|
2020
|
2021
|
|
|
Est.
|
Est.
|
Proj.
|
Programme
|
Projections
|
|
(Variation annuelle en pourcentage, sauf indication
contraire)
|
|
|
Revenu national et prix
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
PIB à prix constants
|
7.0
|
3.5
|
4.6
|
5.2
|
5.5
|
5.4
|
7.4
|
6.2
|
|
PIB hors ressources à prix constants
|
7.9
|
4.1
|
4.3
|
5.0
|
5.6
|
5.5
|
6.0
|
5.7
|
|
Production de pétrole (milliers de barils par jour)
|
17
|
13
|
16
|
18
|
19
|
19
|
40
|
50
|
|
Déflateur du PIB
|
-0.5
|
0.5
|
2.0
|
2.4
|
2.1
|
1.8
|
1.6
|
1.9
|
|
Indice des prix à la consommation
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Moyenne annuelle
|
-0.9
|
1.0
|
1.1
|
2.0
|
2.1
|
2.0
|
2.0
|
2.0
|
|
Fin de période
|
-0.6
|
2.2
|
1.2
|
2.2
|
2.0
|
2.0
|
2.0
|
2.0
|
|
Secteur extérieur
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Exportations, f.à.b. (francs CFA)
|
-8.8
|
-10.1
|
-10.7
|
13.7
|
12.3
|
12.3
|
33.4
|
17.8
|
|
dont: exportations hors uranium
|
-1.5
|
-15.2
|
-8.6
|
10.3
|
13.4
|
21.1
|
49.0
|
22.5
|
|
Importations, f.à.b (francs CFA)
|
7.0
|
9.6
|
-11.7
|
19.5
|
11.2
|
9.3
|
9.0
|
6.7
|
|
Volume des exportations
|
11.1
|
-4.5
|
-19.0
|
6.6
|
9.1
|
14.1
|
42.6
|
13.9
|
|
Volume des importations
|
5.5
|
7.3
|
-12.6
|
17.1
|
8.9
|
7.3
|
6.8
|
4.5
|
|
Termes de l'échange (détérioration -)
|
-19.4
|
-7.5
|
7.3
|
0.1
|
1.6
|
-3.6
|
-9.1
|
-1.8
|
|
Finances publiques
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Total des recettes
|
13.6
|
7.6
|
-12.0
|
13.9
|
12.4
|
11.8
|
18.9
|
14.9
|
|
Total des dépenses et prêts nets
|
22.7
|
9.8
|
-15.3
|
14.1
|
4.7
|
4.0
|
7.1
|
1.9
|
|
dont : dépenses courantes
|
16.3
|
11.0
|
-3.5
|
9.2
|
5.1
|
5.1
|
5.3
|
6.1
|
|
dont : dépenses d'équipement
|
28.9
|
8.7
|
-25.9
|
19.9
|
4.2
|
2.9
|
9.1
|
-2.7
|
|
(Variation annuelle en % de la monnaie au sens large en
début de période, sauf indication contraire)
|
|
Monnaie et crédit
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Crédit intérieur
|
7.2
|
17.2
|
10.9
|
11.5
|
6.7
|
6.2
|
6.0
|
1.4
|
|
Crédit à l'État (net)
|
1.1
|
10.4
|
4.3
|
6.4
|
1.7
|
1.6
|
0.6
|
-3.5
|
|
Crédit à l'économie
|
6.1
|
6.8
|
6.6
|
5.1
|
5.0
|
4.6
|
5.4
|
4.9
|
|
Avoirs intérieurs nets
|
5.2
|
15.9
|
7.9
|
11.9
|
7.0
|
6.5
|
6.2
|
1.7
|
|
Monnaie au sens large (%)
|
25.7
|
3.6
|
11.3
|
11.1
|
10.9
|
10.6
|
10.3
|
8.2
|
|
Vitesse de circulation de la monnaie au sens large (ratio)
|
3.7
|
3.7
|
3.5
|
3.4
|
3.3
|
3.2
|
3.1
|
3.1
|
|
(Pourcentage du PIB, sauf indication contraire)
|
|
Finances publiques
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Total des recettes
|
17.5
|
18.1
|
15.3
|
16.1
|
16.8
|
17.5
|
19.1
|
20.3
|
|
Total des dépenses et prêts nets
|
31.0
|
32.7
|
26.5
|
28.1
|
27.3
|
26.4
|
26.0
|
24.4
|
|
Dépenses courantes
|
14.6
|
15.6
|
14.4
|
14.6
|
14.2
|
13.9
|
13.4
|
13.2
|
|
Dépenses d'équipement
|
16.4
|
17.1
|
12.1
|
13.5
|
13.1
|
12.5
|
12.5
|
11.3
|
|
Solde de base (dons exclus)1?
|
-6.4
|
-7.5
|
-4.4
|
-4.9
|
-4.0
|
-2.8
|
-0.9
|
1.5
|
|
Solde de base (définition UEMOA; dons compris) 2 ?
|
-4.8
|
-5.7
|
-2.9
|
-3.8
|
-2.8
|
-1.7
|
0.0
|
2.1
|
|
Solde global (base engagements, dons inclus)
|
-8.0
|
-9.1
|
-6.5
|
-7.4
|
-6.0
|
-4.7
|
-2.9
|
-0.9
|
|
Investissement brut
|
39.3
|
42.6
|
39.5
|
42.0
|
42.8
|
43.0
|
40.1
|
37.9
|
|
dont : non public
|
22.9
|
25.4
|
27.4
|
28.4
|
29.7
|
30.5
|
27.5
|
26.7
|
|
public
|
16.4
|
17.1
|
12.1
|
13.5
|
13.1
|
12.5
|
12.5
|
11.3
|
|
Épargne nationale brute
|
23.8
|
24.5
|
24.1
|
24.0
|
24.3
|
24.5
|
24.6
|
24.6
|
|
dont : épargne non publique
|
18.7
|
20.3
|
21.3
|
20.9
|
20.2
|
19.4
|
17.7
|
16.5
|
|
Épargne intérieure
|
21.4
|
20.0
|
19.8
|
19.8
|
20.3
|
20.6
|
20.9
|
21.0
|
|
Solde des transactions courantes
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Dons officiels exclus
|
-17.7
|
-19.7
|
-17.3
|
-19.5
|
-20.0
|
-20.0
|
-16.7
|
-14.3
|
|
Solde des transactions courantes (dons inclus)
|
-15.4
|
-18.1
|
-15.4
|
-18.0
|
-18.5
|
-18.5
|
-15.4
|
-13.3
|
|
Ratio du service de la dette en pourcentage des :
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Exportations de biens et de services
|
4.2
|
5.5
|
7.2
|
7.7
|
6.3
|
5.9
|
4.4
|
4.8
|
|
Recettes publiques
|
5.0
|
5.7
|
8.1
|
8.4
|
6.7
|
6.2
|
5.1
|
5.6
|
|
Dette totale contractée ou garantie par l'État
|
33.7
|
41.9
|
47.0
|
51.1
|
53.0
|
53.9
|
52.4
|
50.3
|
|
Dette extérieure contractée ou garantie par le secteur
public
|
25.1
|
30.4
|
34.1
|
35.8
|
37.1
|
38.1
|
38.5
|
39.0
|
|
VAN de la dette extérieure
|
22.1
|
22.1
|
24.4
|
25.4
|
26.2
|
26.8
|
27.1
|
27.4
|
|
Dette intérieure publique
|
8.7
|
11.5
|
12.9
|
15.3
|
15.9
|
15.8
|
13.9
|
11.4
|
|
Aide extérieure
|
8.9
|
10.4
|
9.5
|
8.9
|
8.4
|
8.1
|
7.5
|
7.0
|
|
(Milliards de francs CFA)
|
|
PIB aux prix courants du marché
|
4,077
|
4,242
|
4,432
|
4,773
|
5,146
|
5,524
|
6,025
|
6,523
|
|
Sources : autorités nationales; estimations et projections
des services du FMI.
|
|
|
|
|
|
|
|
1
Recettes moins dépenses hors dépenses d'équipement
financées sur ressources extérieures.
|
|
2
Recettes (dons budgétaires inclus) moins dépenses hors
dépenses d'équipement financées sur ressources extérieures.
|
|
|
|
[1]
La FEC est un mécanisme de prêt qui apporte un accompagnement
soutenu à moyen ou à long terme sous la forme d’un programme dans
les cas de problèmes persistants de balance des paiements.