Fiche technique - septembre 2005

Aide d’urgence du FMI :
Appuyer la reconstruction à la suite de catastrophes naturelles ou de conflits armés

Le FMI accorde aux pays membres des prêts d’urgence pour les aider à faire face à des besoins pressants de financement de leur balance des paiements à la suite d’une catastrophe naturelle ou d’un conflit armé. L'aide financière d’urgence est censée être décaissée rapidement et s’accompagne de conseils de politique économique ainsi que, dans de nombreux cas, d’une assistance technique. Depuis 1962, 38 pays ont reçu du FMI des concours d’urgence totalisant plus de 2,9 milliards de dollars EU.

Dans quelles circonstances le FMI accorde-t-il une aide d’urgence?

Depuis 1962, le FMI accorde des concours d’urgence aux pays victimes de catastrophes naturelles — telles qu’inondations, séismes, cyclones ou sécheresses. Cette assistance vise à faire face aux besoins de financement immédiats résultant, par exemple, d’un déficit des recettes d’exportations et/ou d’une hausse du coût des importations, ce qui évite ainsi d’épuiser les réserves extérieures.

En 1995, la politique d’aide d’urgence du FMI a été étendue aux pays sortant d’un conflit. Cette assistance est limitée aux cas où le pays membre ayant un besoin urgent de balance des paiements se trouve incapable de formuler et de mettre en œuvre un programme économique global parce que ses capacités ont été endommagées par le conflit, mais dispose néanmoins d’une capacité suffisante de planification et d’exécution de la politique économique. Les apports financiers du FMI peuvent aider un pays directement, mais aussi en catalysant les concours provenant d’autres sources puisque l’assistance de l’institution doit entrer dans le cadre d’un effort global au niveau international pour pallier les répercussions d’un conflit.

Comment l’aide est-elle dispensée?

Les prêts d’urgence sont en général décaissés rapidement et ne sont pas subordonnés à des critères de réalisation . Lorsqu’un pays membre sollicite une aide d’urgence, il est tenu d’indiquer les grandes lignes des mesures correctrices de politique économique qu’il se propose de mettre en œuvre En outre, il est censé indiquer qu'il compte élaborer un programme plus détaillé de politiques économiques dans le cadre de l'une des facilités de prêt ordinaires du FMI.

L’aide a en général été limitée à 25 % de la quote-part du pays membre, bien que, dans certaines circonstances, le montant puisse atteindre jusqu’à 50 % de la quote-part. En mars 2004, le Conseil d’administration a avalisé une proposition visant à porter la durée de l’assistance aux pays sortant d’un conflit à trois ans, le montant de cette assistance pouvant aller jusqu’à 50 % de la quote-part, mais dans la limite de 25 % de la quote-part par an.

Les prêts au titre de l’assistance d’urgence sont assortis du taux de commission de base et doivent être remboursés dans un délai de trois ans et trois mois à cinq ans. Depuis mai 2001, pour les pays sortant d’un conflit admissibles aux prêts de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC), le taux d’intérêt est bonifié, et ramené à 0,5 % par an, les bonifications étant financées par les dons de bailleurs de fonds bilatéraux. En janvier 2005, le Conseil d’administration a décidé d’octroyer des bonifications d'intérêts analogues en cas de catastrophe naturelle sur demande du pays membre. Les pays touchés par le tsunami survenu en Asie du Sud-est en décembre 2004 pourront bénéficier de cette initiative, ainsi que les pays membres qui ont reçu une aide d’urgence dans le passé pour cause de catastrophe naturelle mais ne l’ont pas encore entièrement remboursée. Les pays admissibles au bénéfice de la FRPC peuvent aussi demander une aide concessionnelle au titre de la facilité de protection contre les chocs exogènes (facilité PCE) en cas de difficultés temporaires de balance des paiements engendrées par des perturbations externes, telles que des catastrophes naturelles.

Les conseils de politique économique, portant sur tous les aspects de la politique macroéconomique et les mesures structurelles d’accompagnement, constituent une composante fondamentale de l’aide d’urgence du FMI. Dans le cas des pays sortant d’un conflit, l’assistance technique est elle aussi extrêmement importante pour permettre de rétablir les capacités d’exécution de la politique macroéconomique. L’assistance technique est axée sur la reconstitution des capacités statistiques et le rétablissement et la réorganisation des institutions budgétaires, monétaires et de change qui aideront à restaurer les capacités de recouvrement des recettes fiscales et des processus de dépenses, ainsi que les opérations de paiements, de crédit et de change.

Pays ayant reçu une aide d’urgence

À ce jour, 26 pays ont bénéficié de concours financiers dans 29 cas de catastrophes naturelles. Douze pays ont reçu dans 19 cas un appui à la sortie d’un conflit. Les tableaux 1 et 2 font état des concours d’urgence accordés depuis 1995.

Tableau 1. Aide d’urgence à la suite de catastrophes naturelles, 1995–2005
Pays Année Catastrophe Montant
(Millions
de $ EU)
% de la quote-part
Bangladesh 1998 Inondations 138,2 25,0
République Dominicaine 1998 Cyclone 55,9 25,0
Haïti 1998 Cyclone 21,0 25,0
Honduras 1998 Cyclone 65,6 50,0
Saint-Kitts et Nevis 1998 Cyclone 2,3 25,0
Turquie 1999 Séisme 501,0 37,5
Malawi 2002 Pénurie alimentaire 23,0 25,0
Grenade 2003 Cyclone 4,0 25,0
Grenade 2004 Cyclone 4,4 25,0
Maldives 2005 Tsunami 6,3 50,0
Sri Lanka 2005 Tsunami 158,4 25,0
Tableau 2. Aide d’urgence à la sortie d’un conflit, 1995–2005
Pays Année Montant
(Millions
de $ EU)
% de la quote-part
Bosnie/Herzégovine 1995 45,0 25,0
Rwanda 1997 12,2 15,0
Albanie 1997 12,0 25,0
Rwanda 1997 8,1 10,0
Tadjikistan 1997 10,1 12,5
Tadjikistan 1998 10,0 12,5
Congo, Rép. du 1998 9,6 12,5
Sierra Leone 1998 16,0 15,0
Guinée-Bissau 1999 2,9 15,0
Sierra Leone 1999 21,4 15,0
Guinée-Bissau 2000 1,9 10,0
Sierra Leone 2000 13,3 10,0
Congo, Rép. du 2000 13,6 12,5
Yougoslavie, Rép. féd. 2000 151,0 25,0
Burundi  2002 12,7 12,5
Burundi 2003 13,4 12,5
République centrafricaine  2004  8,2   10,0
Irak 2004 435,1 25,0
Haïti 2005 15,5 12,5

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